Une coordination est créée pour défendre le droit de manifester

GenèveUne dizaine d'organisations dénoncent les atteintes au droit de manifester et produiront un rapport d'ici à la fin de l'été.

En mai dernier, la manifestation pour Ali Reza.

En mai dernier, la manifestation pour Ali Reza. Image: GEORGES CABRERA

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Des organisations politiques, syndicales et associatives ont créé une coordination de défense du droit de manifester, menacé selon elles par «l’augmentation des entraves au droit de manifester mises en place par les autorités genevoises»(lire notre édition du 9 mai). Constituée en juin, cette coordination estime qu'«un durcissement notoire des conditions de manifester s’est mis en place ces derniers mois».

Dans un communiqué, elle rappelle qu'«en plus de l'épée de Damoclès que représente le risque de se faire amender jusqu’à 100'000 francs en cas de débordements (valable depuis la mise en œuvre de la loi sur les manifestations de 2012), les organisateurs d’une manifestation peuvent désormais se voir imposer des frais avant même que celle-ci n'ait eu lieu. Il s'agit d'une facturation liée au déplacement de places de stationnement (sous-traité à l'entreprise privée Traceroute) et d'émoluments pour toute demande d'autorisation parvenant aux services de l'État moins de trente jours avant la date prévue de la manifestation et dont le caractère urgent ne serait pas démontré. À cela s’ajoute une interdiction de manifester pour toute demande parvenant moins de quarante-huit heures avant l'événement».

Des factures de plusieurs centaine de francs

Plusieurs collectifs et organisateurs de manifestations considèrent avoir été «victimes de ce harcèlement judiciaire et bureaucratique, recevant des factures ou des menaces de factures de plusieurs centaines de francs». Des piquets de grève en ont aussi été victimes, indique la coordination, d’abord par l’injonction policière de s’éloigner de l’entrée du lieu de travail concerné, puis par la délivrance de contraventions pour manifestation non autorisée. Certains ont même dû renoncer à leur rassemblement. «Ces atteintes à un droit démocratique fondamental doivent cesser», estiment les signataires.

Pas de frais pour fait de grève

La Coordination genevoise pour le droit de manifester a déposé un recours auprès de la Chambre administrative contre la décision de facturer des émoluments de 500 francs pour la manifestation en mémoire d’Ali Reza, jeune migrant afghan qui s’est donné la mort à la fin de mars au foyer de l'Étoile. En attendant que la Chambre administrative statue sur ce recours, la coordination demande au Conseil d'État qu’il ne facture plus d'émoluments et appelle tous les collectifs qui se verraient facturer des frais à faire grève en ne les payant pas et en la contactant.

Par ailleurs, les organisations membres travaillent à la constitution d’un rapport faisant largement état des multiples violations de la liberté de réunion pacifique à Genève. Elles lancent un appel aux contributions auprès des divers collectifs et organisations ayant subi des entraves à manifester ces derniers mois ou années (amendes, restrictions, interdictions, conditions inacceptables) ou s’étant vu facturer des frais pour exercer ce droit fondamental. Les témoignages peuvent être envoyés à droitdemanifester@riseup.net avant le 30 juillet. Le rapport devrait être rendu public à la fin de l’été.

La Coordination genevoise pour le droit de manifester, composée actuellement de Solidarité Tattes, de SolidaritéS, du Parti du travail, de la CGAS, du SIT, d'UNIA, du comité FreeManifs, de Climate Strike Genève et du CUAE, peut être contactée à l'adresse e-mail suivante: droitdemanifester@riseup.net

Créé: 10.07.2019, 14h27

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