Un lecteur râleur se plaint de la saleté des rues genevoises

Il y a 140 ansIl y a 140 ans, «La Tribune de Genève», née le 1er février 1879, vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

Dans la rubrique locale, le journal donne une bonne place aux potins en tout genre.

Dans la rubrique locale, le journal donne une bonne place aux potins en tout genre. Image: DR

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«La nuit dernière, un orage s’est abattu sur notre ville avec accompagnement d’éclairs et de tonnerres formidables; l’ouragan a duré plusieurs heures», pouvait-on lire dans les nouvelles locales de la Julie du 3 juillet 1879. Toujours en locale, après l’actualité du Conseil d’État, expédiée en quelques lignes très officielles, le journal donne une bonne place aux potins en tout genre qui circulent en ville. Dans ce qu’on peut considérer comme les «Bob» d’il y a cent quarante ans, on apprend qu’une certaine comtesse Jeanne, charmante et très jolie au demeurant, n’a qu’un seul défaut, celui de cacher son âge. C’est pourquoi sa meilleure amie, la baronne de B, d’un ou deux ans sa cadette, ne manque pas de lui écrire en commençant sa missive par «Ma Jeanne bien aînée…»

Autre ragot recueilli sur «le boulevard» (on ne nous dit pas lequel): «Tu es en deuil?» demande un interlocuteur à une connaissance. «Mon oncle…», répond cette dernière. «Un homme qui t’aimait tant. C’est une perte pour toi», dit le premier. «De cent mille francs! répond l’autre. Il m’a déshérité.»

Sur le même ton, une chronique judiciaire décrit le président du tribunal demandant à un témoin quelles sont ses preuves pour affirmer que l’accusé est bien le mari de la plaignante. Celui-ci assène: «Ils se battaient tous les soirs, monsieur le président, que c’était un vrai scandale dans la maison!» Irréfutable.

Voici maintenant un lecteur mécontent qui s’adresse au rédacteur en chef de «La Tribune de Genève» dans le but «d’attirer l’attention de nos édiles sur l’état déplorable» des trottoirs, rues et promenades. Cette saleté «donne une bien fâcheuse opinion de notre voirie municipale à nous citoyens payants et aux étrangers visitant notre ville».

Que faire? Le lecteur a des idées sur les moyens de remédier efficacement à ce vilain spectacle. «Employer des femmes et des enfants à ce nettoyage. Je sais bien qu’il y a trois bonshommes à moitié perclus de douleurs qui ont la mission d’arracher les mauvaises herbes et d’enlever les morceaux de papier…» Mais, selon lui, ils ne peuvent pas suffire. Le lecteur se dit certain que plusieurs femmes dans le besoin seraient «très heureuses de trouver à gagner quelques sous si on leur offrait ce travail de propreté, qui n’est ni très pénible, ni repoussant».

Et le bonhomme en profite pour se plaindre également des fontaines du canton taries. «Et les bains du Rhône, où sont-ils? noyés! Oui, Monsieur, à Genève, la ville la plus entourée d’eau, il n’existe pas un établissement de bains convenable…»

Créé: 03.07.2019, 06h46

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