Le Tunisien arrêté conteste ses liens avec la mouvance islamiste

RenvoiDe retour de Champ-Dollon, son avocat genevois fait part de deux éléments.

Me Bernard Nuzzo, l'avocat du Tunisien arrêté à Genève.

Me Bernard Nuzzo, l'avocat du Tunisien arrêté à Genève. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Le Tunisien considéré par le Service de renseignement de la Confédération (SRC) comme une menace pour la sécurité intérieure a déclaré mercredi à son avocat genevois qu’il accepte son renvoi ordonné par l’Office fédéral des migrations. Le détenu n’a pas recouru contre cette décision ni contre celle du Tribunal administratif de première instance (Tapi). Celui-ci a confirmé le 12 janvier sa mise en détention administrative en vue d’une expulsion, a révélé mardi la Tribune de Genève.

Nommé d’office pour l’audition au Tapi, Me Bernard Nuzzo a rendu visite mercredi matin à son client, placé à Champ-Dollon à l’écart des autres détenus. «Il ne s’oppose pas au renvoi, comme il l’avait dit au Tapi, et il conteste vigoureusement tout lien avec la mouvance islamiste», indique-t-il, sans faire d’autre déclaration. L’enquête menée pendant des mois par les organes de sûreté de la Confédération révèle que le Tunisien avait des contacts avec un compatriote condamné à l’étranger pour ses liens avec le terrorisme international.

Le Genevois d’adoption, un étudiant de 35 ans, a par ailleurs reconnu l’autorité du chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, lors d’une audition. Arrêté au début de janvier à Fribourg, remis à la police genevoise le 9 janvier, le Tunisien avait dans un premier temps déclaré s’opposer à son retour dans son pays. Il doit être renvoyé prochainement, par vol spécial, sous haute sécurité.

Celui qui avait participé à la distribution de corans dans les rues genevoises au printemps dernier avait obtenu le feu vert des autorités pour tenir un stand. La Ville de Genève ne s’exprime pas sur le sujet aujourd’hui. A l’époque, elle indiquait dans nos colonnes avoir reçu la demande de l’imam du centre culturel albanais de Fribourg.

«Quand nous l’avons appris, c’était une grande surprise. Nous avons tous été choqués. On a utilisé le nom de notre association pour réserver le stand à Genève. Comment les autorités peuvent octroyer une place sans pièce justificative?» réagit Sherif Tupani, président de l’Association culturelle islamique albanaise de Fribourg (Aciaf), confirmant ses propos tenus mercredi dans Le Temps. Connaît-il le Tunisien? Sur la base de notre descriptif, il affirme ne jamais avoir vu cette personne. «Aucun d’entre nous ne le connaît dans l’association.»

Créé: 21.01.2015, 11h50

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