Trois ans de prison dont six mois ferme pour une ex-élue

JusticeL'ex-candidate à la Cour des comptes et au Conseil d'Etat a été reconnue coupable d'escroquerie et de faux dans les titres.

Image d'illustration

Image d'illustration Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pour avoir dépouillé durant presque douze ans sa pupille et avoir détourné près d'un demi million de francs, une ex-femme politique genevoise a été condamnée à trois ans de prison ce mardi par le Tribunal correctionnel. La partie ferme de la peine a été fixée à six mois, le reste étant avec sursis. Sous quelle forme l'ancienne élue du PDC puis candidate MCG au Conseil d'Etat purgera-t-elle sa sanction? Semi-détention? Bracelet électronique? Ceci sera déterminé par le Sapem (Service des peines et mesures). Mais pour le moment, son avocat, l'ancien procureur général Daniel Zappelli, semble bien décidé à faire appel. Il estime en effet que sa cliente, qui a reconnu les faits, mérite un sursis complet.

Ce n'est pas l'avis du tribunal qui a considéré, ce mardi, que «les faits sont trop graves et la période pénale trop longue pour envisager un sursis complet.» De 2003 à 2014, l'ex-élue a détourné 488 000 francs au détriment d'une personne isolée, âgée et alcoolique dont elle était la curatrice. Aux yeux des juges, «ce n'est pas un hasard si la prévenue s'en est pris à elle». Ils ajoutent qu'«elle a englouti la fortune de sa protégée par pur appât du gain. Afin de s'offrir des produits de luxe, voyages et autres». D'ailleurs, les nombreux sacs à main de l'ex-candidate au Conseil d'Etat seront séquestrés par la justice et vendus. Leur produit sera utilisé pour rembourser les frais de procédure.

Les faits sont d'autant plus graves que l'accusée agissait dans le cadre d'un mandat officiel de l'Etat, souligne le tribunal. Elle avait fait des études en droit. Elle travaillait comme stagiaire notaire et« savait plus que quiconque qu'elle était en train de violer la loi». Si son premier salaire était modeste, elle a continué à détourner des fonds alors qu'elle gagnait plus de 100 000 francs par année dans le secteur bancaire puis à l'Etat.

Pour le tribunal, la prise de conscience de cette femme est «partielle». Elle a admis les faits mais «elle est incapable de donner les raisons de ses agissements», en outre elle a montré peu d'empathie envers sa victime. A sa décharge, les juges retiennent qu'elle s'est dénoncée en 2014, «même si cette autodénonciation est intervenue à un moment opportun» car l'affaire risquait d'être découverte. Ils retiennent également le fait qu'elle a commencé à rembourser. Et enfin son enfance difficile, ses troubles psychologiques et le grave accident qui l'a handicapée à vie.

Le tribunal lui inflige donc trois ans de prison avec sursis partiel pour escroquerie, abus de confiance, faux dans les titres et gestion déloyale. C'est la sanction réclamée la veille par le premier procureur Yves Bertossa. Me Philippe Juvet, avocat de l'octogénaire dépouillée, est satisfait de ce verdict et se dit «soulagé que la prévenue n'ait pas été élue à la Cour des comptes. On aurait pu avoir des difficultés en tant que citoyens». Sa cliente âgée qui vit aujourd'hui en EMS a été complètement indemnisé par l'Etat lequel se retourne aujourd'hui contre l'ex-élue. (TDG)

Créé: 03.10.2017, 17h47

Articles en relation

Une ex-élue vole près d'un demi million pour aller chez le coiffeur

Procès Ancienne politicienne PDC puis MCG, elle est jugée pour avoir pillé le compte de sa pupille. Plus...

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...