Trois accusés condamnés à 15, 16 et 18 ans de prison

Braquage de Chêne-BourgC'est au cœur de la nuit de mercredi à jeudi que la cour d’assises du Rhône a rendu son verdict.

C'est au cœur de la nuit que la cour d’assises du Rhône, à Lyon, a rendu son verdict

C'est au cœur de la nuit que la cour d’assises du Rhône, à Lyon, a rendu son verdict Image: Lucien Fortunati

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Il est 3h30 du matin quand le verdict de la cour d'assises du Rhône tombe enfin. Après 13 heures de délibérés. En entendant la peine de 18 ans, la plus lourde, prononcée à l'encontre de son frère, une femme laisse exploser sa colère. La salle est immédiatement évacuée. Trois des quatre accusés poursuivis pour le braquage du bureau de change Migros de Chêne-Bourg ont été reconnus coupables.

Malgré l'heure plus que tardive, quarante-cinq personnes, famille et amis des accusés, ont assisté à l'énoncé du verdict. Sous le regard des forces de l'ordre. Dès 20h, les fourgonnettes de police s'étaient alignées sur le quai, aux abords du palais. Durant cette interminable attente, les accusés ont oscillé entre l'abattement et l’espoir d’être acquittés ou d’écoper de peine couvrant la détention provisoire.

Pour l'un d'eux, l'espoir n'a pas été vain. L'accusé à l'encontre duquel l'avocat général avait requis 25 ans écope de 4 ans pour recel de véhicule. Les trois autres sont reconnus coupables du vol en bande organisée avec arme perpétré le 26 novembre 2010. Le cinquième, poursuivi pour le vol de la voiture utilisée ce jour-là prend trois ans assorti d'un mandat de dépôt. Les braqueurs, eux, écopent respectivement de 18 ans, 16 ans et enfin 15 ans pour le plus jeune. Qui avait été arrêté en flagrant délit. «En un souffle, ils ont détruit ce que j'ai mis six ans à construire», estime son épouse, Sabrina, le cœur lourd.

«A terre, s’il vous plait»

Plus tôt dans la journée, l’avocate genevoise de son mari, Me Yaël Hayat avait demandé aux jurés de rendre «une justice humaine», s’opposant ainsi au «réquisitoire de masse» prononcé par l’avocat général. Joël Sollier avait requis 20 ans de réclusion contre son client tout comme à l’encontre de deux autres ainsi que 25 ans pour le quatrième.

Me Benoît Cousin plaidant lui aussi pour le cadet de la bande avait ouvert la voie en réclamant «une peine juste, une peine humaine, parce qu’il en vaut la peine.» Me Hayat a, elle, rappelé quelle fut l’attitude de son client, le seul à être entré dans les locaux par la brèche ouverte à l’explosif. «Il est capable de tenir dans sa main un hachoir et de dire: «A terre madame, s’il vous plait.»

Laissé seul sur les lieux et stoppé dans sa fuite, le braqueur, âgé de 24 ans à l’époque, a déclaré «je ne veux pas être le bouc émissaire» mais aussi «je ne suis pas un enfant de chœur mais j'ai un cœur.» Sur ce point, son avocate Yaël Hayat renchérit: «J’aurais aimé que chacun prenne ses responsabilités, qu’il ne soit pas le seul à affronter les faits depuis six ans.» Rappelant qu’il met de l’argent de côté pour indemniser les victimes et qu’«il est le seul qui ne parle pas de bêtise mais de véritable erreur».

Elle poursuit: «On a envie de l’accompagner dans sa volonté de tourner le dos au monde du crime avec le soutien de sa compagne Sabrina. Et voilà que quelqu’un veut lui remettre la tête sous l’eau avec le risque que cette cellule dans laquelle vous voulez si longtemps l’enfermer le fasse replonger.»

ADN de transfert

A ses côtés, ses co accusés ont nié jusqu’au bout toute participation au braquage. «Je ne vais pas vous dire que je suis un saint mais cette violence ne me ressemble pas», explique l’un. «J’ai toujours assumé les faits qui m’ont été reprochés, assure celui qui a le plus lourd casier judiciaire. Mais, là, je ne supporterai jamais d’être condamné pour un fait que je n’ai pas commis.»

Dans sa plaidoirie, son conseil Me Samir Dris avait insisté sur le manque de fiabilité des analyses ADN: «On peut avoir déposé son ADN dans le véhicule sans avoir participé au braquage, l’exemple est dans le box. De la même manière, on peut avoir son ADN dans la voiture sans y être monté, c’est le cas de l’ADN de transfert.» Il avait terminé en lançant aux jurés: «La seule question qui vaille est une question humaine: pensez-vous que cet homme ait pu changer?» Visiblement, la cour a estimé que oui puisque c'est son client qui échappe à la condamnation pour vol organisé. (TDG)

Créé: 17.11.2016, 07h13

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