Le troc, c’est tellement fashion

La solutionUne association propose une centaine d’habits de seconde main. Pourtant, les vêtements ne sont pas à vendre, mais à troquer.

De gauche à droite, Simon Cappelle, Véronique Krähenbühl, Léa Coucourde et Isa Doninelli, devant la yourte mise  à disposition de Sipy, le temps d’un week-end.

De gauche à droite, Simon Cappelle, Véronique Krähenbühl, Léa Coucourde et Isa Doninelli, devant la yourte mise à disposition de Sipy, le temps d’un week-end. Image: Laurent Guiraud

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Deux yourtes détonnent au milieu des immeubles. Elles occupaient le week-end dernier la cour de la salle communale de Plainpalais, à l’occasion des Slow Design Fashion Days. Au vu des températures hivernales, on ne traîne pas longtemps avant de s’aventurer dans l’une d’elles. À l’intérieur, l’association Sipy propose une centaine d’habits de seconde main, disposés par tailles. Robes, pantalons, bottes, écharpes ou ceintures, il y a de tout, et pour tous les goûts. La vraie particularité: les vêtements ne sont pas à vendre, mais à troquer.

L’idée vient d’Isa Doninelli, une Genevoise de 24 ans. «Il y a un peu plus d’un an, j’ai fait un grand tri dans mon armoire. Je voulais changer ma garde-robe, tout en respectant l’environnement. Les articles dans les boutiques de seconde main ne me plaisaient souvent pas et coûtaient passablement cher. La solution la plus logique était le troc.» L’idée plaît et le projet prend de l’ampleur. L’étudiante de la Haute École pédagogique (HEP) de Lausanne crée l’association Sipy. Simon Cappelle, 24 ans, étudiant en informatique pour les sciences humaines, se joint rapidement à elle. À deux, ils rassemblent, grâce au bouche-à-oreille, un stock de plus de mille habits. Le premier troc est organisé à Genève en avril 2016.

Un troc indirect

Tous les accessoires et vêtements propres et en bon état sont acceptés, à l’exception des bijoux, chaussettes et sous-vêtements. Une fois les habits apportés, ils sont triés. Les troqueurs reçoivent ensuite une carte Sipy avec, indiqué dessus, le nombre d’habits donnés.

«Il n’y a aucune obligation pour les personnes de reprendre immédiatement le même nombre de vêtements ou d’accessoires. La carte permet de faire un échange en différé, lors d’un prochain troc», explique Simon Cappelle. Aucun transfert d’argent donc, et aucune différence de valeur: une ceinture se troque contre un manteau!

Les bras chargés de vêtements, Anaïs (29 ans) a de la marge. Il lui reste une septantaine d’habits à reprendre. «Au début, Sipy tournait grâce à moi», plaisante cette inconditionnelle de shopping, qui a amené près de 150 vêtements en tout. Comme elle, plus de 334 personnes se sont prises au jeu. Elles ont amené près de 3500 pièces et en ont repris la moitié. Anaïs revient quasi à chaque troc, soit environ tous les deux mois. «J’aime cette idée de roulement. Je suis par ailleurs très impressionnée qu’ils gèrent cela à deux, à côté de leurs études.»

On se serre la ceinture

Les tâches sont bien réparties: Isa Doninelli s’occupe de toute la communication visuelle, soit les cartes, affiches, photos et vidéos pour les réseaux sociaux. Simon gère la partie technique, et en particulier le site Internet. Le tri, les transports, le démarchage continuel de nouvelles salles, c’est l’affaire des deux. Une débrouillardise qui leur permet de réduire leurs frais à quelques centaines de francs par mois, dévolus principalement au paiement du local de stock. «C’est un investissement, pour nos budgets d’étudiants», reconnaît Simon Cappelle. L’association a donc créé en novembre une récolte de fonds en ligne: «Sipy vit sur nos économies. Sauvez-nous, on en a marre de manger du riz», plaisantent-ils sur la page Facebook de l’association.

Ce week-end, deux troqueuses convaincues, Véronique Krähenbühl et Léa Coucourde (20 ans), leur donnent un coup de main. Cette dernière, étudiante en sciences de l’éducation, s’intéresse de près aux solutions en faveur du développement durable, comme le mouvement zéro déchet ou le troc. Elle y voit aussi l’occasion de se laisser surprendre par des pièces uniques, des styles variés et de dénicher des perles: «Une satisfaction qu’on ne trouve pas en achetant dans les grandes enseignes. Je suis devenue accro au concept», résume-t-elle.

Prochain événement: Le prochain troc Sipy aura lieu les 27 et 28 janvier dans le pavillon Plantamour, à la Perle du Lac. www.sipy.ch

(TDG)

Créé: 12.12.2017, 21h00

Lutte contre la surconsommation

Par souci d’économie ou par envie de freiner la surconsommation, le troc offre une alternative à l’achat de première main, en favorisant un système circulaire. Le troc de vêtements permet aussi de préserver l’environnement de déchets liés à leur production ou incinération. Outre le troc, de nombreuses boutiques de seconde main existent à Genève. Nombre d’entre elles sont dédiées à des œuvres sociales, comme le Centre social protestant, Emmaüs ou encore Caritas. L.F.

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