Travailler sans bureau: le «mode partagé» fructifie à Genève

Tendance mondialeLa Muse, Regus, Impact Hub, Cric-Crac-Croc, la Ruche, désormais Voisins, autant de structures de coworking qui lorgnent la banlieue.

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La peinture est encore fraiche dans la petite salle de conférence à disposition des clients. «18 m2 ! Les chaises et les tables sont provisoires. Il ne faut pas y prêter attention» précise Anne Ritz, en chef d’entreprise. La Genevoise fait partie des sept fondateurs du nouvel espace de coworking – bureaux partagés – «Voisins» au 8 de la rue du même nom, qui vient d’ouvrir. Outre la salle de réunion, 80 m2 d’openspace et 18 places de travail sont proposés à l’heure – 5 fr. pour les membres, 7 fr. pour les autres – ou au mois – 349 fr. pour les membres avec casier de rangement pour ses affaires. Un deuxième espace ouvrira officiellement en mai à la place De-Grenus – des locataires sont déjà présents sur place – avec des places fixes.

Plus de 2500 espaces dans le monde

Avec Voisins, l’offre en coworking se développe un peu plus à Genève. En septembre, selon une étude menée dans le cadre d'une coopération territoriale européenne Interreg Suisse-France, 545 postes de travail de ce type existaient dans le canton. Les protagonistes du marché? La Muse, Regus, Impact Hub, Cric-Crac-Croc ou encore la Ruche, autant de structures qui ont vu le jour en l’espace de cinq ans. Et la tendance au développement se veut mondial. Selon la 4e édition du sondage annuel consacré au coworking du magazine deskmag, sept animateurs d'espaces sur dix déclaraient que la disponibilité en postes de travail ne peut pas suivre la demande générale, et plus d’un sur deux que leur surface allait augmenter au cours de l’année 2014. Le magazine dénombrait par ailleurs 2072 espaces du genre en octobre 2012 dans le monde. Il y en aurait plus de 2500 deux ans plus tard.

En matinée, la salle principale est encore vide. Les tables attendent les ordinateurs portables des utilisateurs, entrepreneurs indépendants ou en petites structures pour la plupart, qui préfèrent la compagnie d’autres actifs au travail à domicile. «Nous ne proposons pas que des bureaux, nous voulons offrir un réseau de membres et des rencontres, propices au développement et à l’émulation, souligne Anne Ritz. Concrètement, nous aidons aussi les gens qui ont des idées à se lancer, en les aidant dans leur procédure de création d’entreprises par exemple.»

Après quelques semaines d’ouverture, «Voisins» compte 10 membres, de nombreux clients de passage et un café en cours de construction – qui sera financé par une campagne de crowdfunding – dans la salle adjacente. Projection sur un an? Une soixantaine de membres pour 1105 heures d’utilisation par mois sont entre autre attendus. Une prévision optimiste? «Impact Hub» derrière la gare, espace de 55 postes de travail qui sera officiellement ouvert mi-2015, en compte déjà 70 après quelques mois d’activités. «La tendance générale est à plus de mobilité et de flexibilité dans le monde du travail, analyse Felix Stähli, cofondateur de l’espace. Le nombre d’acteurs grandit mais le gâteau à se partager aussi.»

Felix Stähli souligne par ailleurs le besoin de se différencier par un positionnement particulier. Dans le cas d’Impact Hub, on parle de membres actifs dans le domaine de l’innovation sociale, qui bénéficient par ailleurs d’un réseau mondial, la marque disposant de quelque 60 espaces dans de nombreux pays.

En banlieue et en France voisine

Un regard fixé sur la rue, Anne Ritz parle campagne. «Le réseau Voisins pourrait s’y étendre. Les espaces de coworking genevois sont actuellement concentrés en ville.» Des contacts ont déjà été noués avec plusieurs communes du Canton. Le but: proposer un intermédiaire entre le bureau en ville et la maison aux habitants dont le déplacement au centre de Genève n’est pas nécessaire tous les jours.

Un besoin identifié par Marion Majou, fondatrice d’Entrelac, un espace de coworking installé à Annemasse. Clientèle visée: les travailleurs et entrepreneurs indépendants résidant en France, mais aussi les frontaliers qui pourraient certains jours éviter le trajet et les bouchons en s’arrêtant avant la frontière. Pour l’instant, la dizaine de places qu’elle propose sont majoritairement utilisées par la première catégorie. Le déménagement à venir de ses locaux en juin pour rallier le quartier de la gare, lui permettra de doubler sa capacité. «Je pourrai me lancer dans un démarchage plus actif des travailleurs frontaliers, souligne Marion Majou. Une clientèle au potentiel important.»

Dans la salle de réunion, une petite boîte en carton contient les badges d’accès à l’espace de la rue des Voisins. La salle sera accessible 24h/24 à ses membres. Le coworking se pratique aussi de nuit.

Créé: 19.12.2014, 11h07

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