Traquer le plastique dans les montagnes

EnvironnementUne association savoyarde soupçonne la présence de polluants en altitude.

Le dispositif qui sert a recueillir les microplastiques imaginé par les chercheurs du projets Plastilac.

Le dispositif qui sert a recueillir les microplastiques imaginé par les chercheurs du projets Plastilac. Image: Marc Lamboley

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On penserait naïvement qu’il existe des limites à la pollution par l’être humain. Les recherches menées par l’association Aqualti pourraient démontrer le contraire. Le projet Plastilac a pour but d’évaluer la quantité de matière plastique dans les lacs à haute altitude (à plus de 1800 mètres) en Haute-Savoie: «80% de la pollution des océans vient des continents, explique Frédéric Gillet, président de l’association Aqualti. Quinze tonnes de plastique sont rejetées par minute dans les eaux. Pourtant, nous n’en avons pas conscience.»

Ce qui intéresse les chercheurs de Plastilac est ce qu’on appelle les «microplastiques», de minuscules morceaux invisibles à l’œil nu et volatils. D’où viennent-ils? On ne sait pas très bien. «Probablement d’un peu partout. De tout ce qui est composé de plastique», selon l’ingénieur. La plupart du temps, la matière se trouve en quantités infimes. Ces particules de la taille d’un cheveu sont transportées par le vent sur une distance allant jusqu’à 100 km, soit le trajet de Genève à Montreux. C’est ce qu’on appelle la dispersion atmosphérique.

«Dix tonnes de plastique sont produites chaque seconde sur Terre. Nous devons apprendre à en limiter l’usage» – Frédéric Gillet, Président de l’association Aqualti

Aucune étude n’avait cherché la présence de ces microplastiques en haute altitude avant aujourd’hui. Pourtant, Frédéric Gillet affirme: «S’il y en a là-haut, cela veut dire qu’il y en a partout. Aucune source de pollution ne se trouve à proximité de la zone. La matière trouvée dans le réseau «Lacs sentinelles», où nous avons récolté nos données, viendrait des villes situées plus bas, comme Genève.»

Recueillir les particules n’a pas été une tâche aisée. L’équipe a utilisé deux kayaks reliés par un filet. Elle les a laissés glisser sur la surface lacustre afin de récolter un maximum de matière. Deux filets ont également été installés, à l’entrée et à la sortie du lac. Les plongeurs de l’équipe «Là eau» se sont chargés de récupérer des sédiments au fond des lacs. Les données récoltées sont analysées par l’Université de Savoie Mont-Blanc ainsi que l’Université Paris-est Créteil. Au total, une quinzaine de personnes découvriront les résultats de l’étude à la fin de décembre.

S’il est effrayant de savoir que l’on pourrait retrouver notre plastique même à 1800 mètres d’altitude, le président de l’association relativise: «Il ne faut pas avoir une phobie du plastique. Aucune étude ne permet de savoir si ces microparticules sont dangereuses pour la santé ou l’environnement. En revanche, nous découvrons que les pollutions par cette matière sont plus importantes que ce que l’on pensait. Recycler nos bouteilles en PET n’est pas suffisant si on continue d’en retrouver en altitude. Dix tonnes de plastique sont produites chaque seconde sur Terre. Nous devons apprendre à en limiter l’usage ainsi qu’à le réutiliser. Le recyclage vient après ces deux premières mesures.»

Créé: 26.07.2019, 19h50

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