Trahisons et addictions au procès de l’avocate belge

GenèveLe procureur a requis une peine de 4 ans à l’encontre de la prévenue, qui a conservé tout son aplomb.

Le procureur Niki Luca Casonato

Le procureur Niki Luca Casonato Image: PATRICK TONDEUX

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Au deuxième jour du procès de l’avocate d’affaires accusée de s’être approprié 815 000 actions du mastodonte mondial de la bière, la parole était donnée au plaignant. Il s’agit d’un des fils héritiers d’Amicie de Spoelberch, décédée en 2008, elle-même héritière de la plus grande brasserie du monde. C’est lui qui poursuit l’ancienne avocate de la famille.

La version de ce quadragénaire au physique imposant était très attendue. Car dans cette affaire à 60 millions d’euros, certains documents créditant la parole de l’accusée portent sa signature ainsi que celle de son frère (ce dernier est absent des débats car extrêmement fragile psychiquement). Comment l’expliquer? «J’avais une confiance aveugle, dit-il en désignant l’avocate. Elle était l’amie de la famille durant plus de vingt ans.»

Si l’héritier ne conteste pas avoir validé des documents entre 2004 et 2012, après la mort de ses parents, il dénonce les circonstances dans lesquelles il a agi ainsi. «Un jour, elle est venue chez moi avec sept valises pleines de documents à signer. J’ai signé des dizaines de blancs-seings.»

La juge peine à y croire: peut-on se trouver à la tête d’une fortune colossale et signer n’importe quoi? «À cette époque, mon frère et moi avions des problèmes de drogue et d’alcool. Après la mort de mon père, je prenais 3 grammes de cocaïne par jour. J’étais perdu par toutes ces sociétés et signatures.» Depuis cinq ans, l’homme se dit «sain de corps et d’esprit», mais son frère ne s’en est toujours pas sorti.

L’avocate d’affaires a-t-elle exploité les failles des deux frères pour dissimuler les 815 000 actions qu’elle devait leur remettre après la mort des parents? «Les fils ont été déshérités», soutient avec aplomb la prévenue. Ces titres d’une valeur de 25 millions à l’époque de leur disparition (60 aujourd’hui) correspondaient à son salaire, assure-t-elle. Manteau noir, foulard en soie noué autour du cou, la femme d’affaires sait casser l’élan de ses détracteurs quand elle est confrontée à ses opérations financières douteuses: «Je gère mon patrimoine comme je l’entends.»

Mardi, la tension était palpable, ponctuée par les appels au calme de la présidente Alessandra Armati.

Le procureur Niki Casonato a requis une peine de 4 ans pour blanchiment et faux dans les titres contre l’avocate d’affaires, «une personne manipulatrice et machiavélique, qui s’est approprié une partie de la fortune de ses clients». Le procès se poursuit.

Créé: 03.12.2019, 20h24

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