Les TPG forcés de retarder l'ouverture de leur dépôt d'En Chardon

Transports publicsThéâtre d'un scandale salarial sur son chantier, le centre verniolan ouvrira le 20 avril au lieu du 15 décembre.

Le dépôt et centre d'entretien d'En Chardon, en bordure de la route de Meyrin et au bout de la piste de l'aéroport, photographié ici en mai 2019.

Le dépôt et centre d'entretien d'En Chardon, en bordure de la route de Meyrin et au bout de la piste de l'aéroport, photographié ici en mai 2019. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une fausse note est programmée dans le chambardement qui guette les transports publics du bassin genevois ce 15 décembre, avec la mise en service du réseau ferroviaire Léman Express et du nouveau tram 17 entre Annemasse et Lancy-Pont-Rouge. Les Transports publics genevois (TPG), qui devaient à cette date ouvrir un nouveau dépôt et centre d'entretien sur le site d'En Chardon, retardent cette mise en exploitation au 20 avril.

La décision, confirmée en primeur à la «Tribune de Genève», vient tout juste d'être communiquée ce mardi après-midi au personnel de la régie publique. Correspondant à la rentrée des vacances de Pâques 2020, la nouvelle date est fixée sous réserve d'éventuels aléas supplémentaires.

Nouvelle adjudication lancée

Lundi, les TPG ont publié un appel d'offres – lesquelles seront dépouillées le 24 août – pour achever les travaux d'électricité dans ce nouveau centre, appelé à devenir leur pôle principal. Ce géant (80'000 mètres carrés de surfaces de plancher) offre des capacités de remisage (jusqu'à 70 trams et 130 bus) équivalant au double de celles du siège du Bachet-de-Pesay.

C'est un nouveau rebondissement dans le feuilleton à scandale qui se prolonge depuis mai. Le syndicat Unia avait alors mis en cause les salaires de l'entreprise électrique italienne qui avait remporté la précédente adjudication. Conformes aux usages locaux sur le papier, ces rémunérations faisaient, une fois versées aux salariés, l'objet de ponctions opérées par une société intérimaire. L'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail a exclu l'entreprise électrique, qui a recouru en justice, obtenant de revenir sur le chantier tant que l'affaire ne serait pas tranchée sur le fond (ce qui n'est toujours pas le cas). Elle a ensuite plié bagage, les TPG ayant bloqué leurs versements en sa faveur, à la demande du ministre de tutelle, afin de pouvoir dédommager les ouvriers si besoin. D'où le nouvel appel d'offres.

Pas d'impact pour la clientèle

«Les clients des TPG ne subiront pas les conséquences de ce retard», assure la régie, précisant qu'elle ne pouvait plus différer une décision quant à sa situation pour affronter les multiples enjeux du 15 décembre prochain.

«À cinq mois de cette échéance, il est devenu impératif pour les TPG de connaître la configuration définitive de leur réseau en fin d’année, de décider du lieu de sortie et de rentrée de leurs trams et de leurs autobus afin d’établir une planification précise et de construire des horaires fiables, explique François Mutter au nom de la régie publique. La mise en exploitation du site d’En Chardon exige la réalisation de tests de circulation et d’un programme de marche à blanc. Elle implique aussi l’installation d’une partie des équipes techniques, la réaffectation d’environ 180 véhicules et la formation de près de 1000 conducteurs.»

Travail et coûts supplémentaires pour les TPG

L'opérateur a pour priorité de réussir l'étape du 15 décembre, quitte à le faire de ses bases traditionnelles du Bachet-de-Pesay et de la Jonction. «Cette décision va impliquer un travail supplémentaire important pour l’entreprise mais le temps demeure suffisant à ce stade pour le mener à bien», rassure-t-il.

Et quel surcoût? Une évaluation précise ne sera possible que lorsque les démêlés judiciaires seront achevés et la nouvelle adjudication menée à bien, répondent les TPG. Ceux-ci devront supporter pendant quelques mois encore la pénurie actuelle d'espace de stockage qui les oblige à parquer la nuit en plein air (à des terminus ou boucles de rebroussement) certains de leurs trams, les exposant ainsi à un vieillissement accéléré. Cette manière de faire implique aussi des coûts de surveillance.

Le département de tutelle des TPG prend acte de leur décision. «Dès le début de cette affaire, le souci premier de Serge Dal Busco (ndlr: le ministre genevois des Transports) a été de préserver les droits des travailleurs potentiellement lésés, en demandant aux TPG de mettre en réserve la totalité des montants qui leur sont dus, dans l’attente de l’issue des procédures, rappelle Roland Godel, porte-parole du Département des infrastructures. L’autre priorité est maintenant que les TPG adaptent leur planification opérationnelle afin de garantir toutes les prestations prévues pour la fin de l’année en lien avec la mise en service du Léman Express, et nous sommes confiants sur ce point.»

Une leçon à tirer, selon les députés

Député PLR issu des milieux patronaux de la construction, Serge Hiltpold avait tiré la sonnette d'alarme lors de la première adjudication et s'est montré très critique ce printemps à l'égard des TPG. Il n'a pas de regret. «Absolument aucun, tranche-t-il. Cette situation est la conséquence d'un manque de courage politique lors de l'adjudication et elle doit servir d'avertissement à l'égard des entités publiques qui, alléchées par des bas prix, ignoreraient les avertissements quant aux risques de sous-enchère salariale. L'impact ne porte pas sur des infrastructures essentielles comme un hôpital ou une école. On parle simplement d'un réajustement d'horaires.»

«Les TPG doivent retenir la leçon, renchérit Thomas Wenger, député PS membre de la Commission des transports du Grand Conseil. On ne peut plus prendre en compte le seul coût, surtout quand celui-ci s'avère très bas en comparaison d'autres offres, ce qui doit attirer l'attention. En revanche, je suis soulagé d'apprendre que le report ne mettra pas en cause les développements des transports publics prévus en décembre, contrairement à ce dont les TPG nous avaient avertis dans un premier temps.»

Créé: 30.07.2019, 16h51

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...