Tout Chancy danse au rythme de la musique country

FestivalThe place to go, dans le village le plus à l’Ouest de la Suisse, en empruntant la route 66 jusqu’à dimanche soir. Récit au bar du saloon.

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Pendant que les pompiers professionnels éteignent de nuit les feux dans la ville, d’autres, en retraite ou en congé, assurent la partie festive du week-end. Ils occupent un village Western construit de toutes pièces dans le village le plus à l’Ouest de la Suisse, Chancy, que l’on atteint en empruntant la voie la plus droite du canton, sorte de Route 66, les grands espaces en moins.

Quoique. L’horizon, une fois arrivé, s’ouvre et fait rêver. La musique que l’on pratique ici favorise le dépaysement éveillé. Elle puise dans le répertoire country, joué dans son jus mélodique, par des groupes qui en connaissent chaque note, par des danseurs – surtout danseuses -, fins connaisseurs de Line Dance, ce genre chorégraphique aux pas eux aussi infinis.

Le chapeau de cowboy, de cowgirl, est de rigueur. Le plus beau, noir de chez noir, est sur la tête de Pierre Kaech, alias «Picoche», ancien opérateur de centrale d’alarme. Sa voix a compté au bout de la ligne 118; le grain, discrètement tabagique, a pris du grade sur l’herbe. Il porte pour trois jours le titre de Marshal, ce superchérif qui, jadis, assurait le convoyage des prisonniers d’un Etat à l’autre.

Le geste, aujourd’hui, est plus artistique et bâtisseur. Trois mois à construire dans un proche hangar la nouvelle génération, allégée, des quelque 20 stands inspirés de l’iconographie Far West. Ils ont leur banque, leur barbier, leur croque-mort et leur prison. On repère cette dernière au vautour en papier mâché juché sur une potence. Il pique un peu du nez mais sa silhouette décharnée continue à faire son effet.

Bec de charognard

On baisse la nuque en passant sous son bec de charognard. On la relève pour filer au saloon étancher une soif houblonnée en dégustant des pommes de terre country, des pops corns au cheddar et les fameux travers de porc d’un boucher-charcutier local qui ne fait pas dans la viande de bison, mais sait raffiner la sienne.

A l’extérieur, on découvre un village de tipis. Le plus grand, repeint in situ, est tenu par un sergent actif (prénom Sébastien) qui a soigné sa coiffure pour la circonstance. Le cheveu trace une ligne au sommet du crâne qui ramène à son bivouac. On prend un cours de philosophie indienne, avant de se diriger vers le camp de colons et de trappeurs, puis de cheminer aux abords du Fort US sans s’arrêter, les chariots en toile joliment cintrée offrant juste à côté une diversion plus douce.

Colt 45 et chemise de vacher

Un studio photo attend les amateurs de panoplies qui font boum-boum. Rachel, Roberta et Tara tiennent l’arsenal et la garde-robe, distribuent à qui en veut fusil, colt 45 et chemise de vacher. Mais c’est Patricia, femme de Marshal, qui a rempli le dressing. Le costume customisé, c’est elle, chineuse patentée des deux côtés de l’Atlantique.

Pour la première édition du festival, en 2017, 700 personnes sont venues. Elles étaient 3000 l’année dernière. Elles pourraient être encore plus demain soir, à l’heure du bilan et du démontage. On a écouté le Andy Martin Band vendredi soir; on y retourne ce samedi pour Martha Fields. Cette chanteuse texane sera avec ses musiciens sur la scène de la salle communale de Chancy (trop belle, sa déco vintage) à 20h30. Dimanche, on se met en mode open air avec, à 15h, la prestation de Crazy Pony, un duo qui fait le show entre bluegrass, banjo virtuose et acrobaties de cirque.

Pour l’Hôpital des enfants

La manifestation est gratuite, le fléchage à l’entrée de la commune est impeccable (merci caporal Ludovic), on ne peut pas se perdre et la traversée du village à pied est la meilleure des mises en bouche. Les bénéfices de cette édition iront aux enfants malades des HUG; ils permettront l’organisation en 2020 d’une «Teuf à l’Hosto» sur le thème, forcément, du Far West.

C’est Chantal, robe noire magnifique, qui assure la trésorerie généreuse du festival, et quantité d’autres choses qui font que ses nuits, à elle aussi, ressemblent à celles d’un pompier actif.

Créé: 13.07.2019, 18h08

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