Pour un tourisme responsable et solidaire

SolutionsL’association Tourism for Help promeut un tourisme qui soit un facteur de développement durable pour les régions visitées.

Isabelle Lejeune, cofondatrice et directrice de l’association de Tourism for Help.

Isabelle Lejeune, cofondatrice et directrice de l’association de Tourism for Help. Image: Lucien Fortunati

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S’adonner au tourisme ne se résume pas fatalement à faire la crêpe au soleil sur une plage de sable blanc, entre deux visites de monuments ou de musées. Il existe d’autres façons de voyager et de se dépayser, qui mettent l’accent sur la responsabilité et la solidarité. C’est pour les faire connaître qu’a été fondée il y a treize ans, à Lancy, pour les régions visitées et pour leurs habitants les plus défavorisés.

Centres de formation pratique

«Nous ne sommes pas une agence de voyages», précise d’emblée Isabelle Lejeune, co-fondatrice et directrice de l’association. En effet, Tourism for Help n’organise pas elle-même de voyages ou de circuits. Elle sert plutôt d’intermédiaire entre, d’une part, les personnes désireuses de voyager utile et d’aller à la rencontre des populations, et d’autre part, son réseau d’acteurs du tourisme responsable. L’association a surtout créé trois complexes hôteliers au Cambodge, au Mali et au Sénégal. Tout en acceuillant les touristes, ceux-ci servent à former par la pratique les jeunes de ces pays aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration.

«S’il s’agit de créer du tourisme, il faut que cela apporte de la plus-value, affirme Isabelle Lejeune. On ne peut pas se contenter d’aller planter quelques bungalows dans un coin.» L’idée est née au Cambodge, où Isabelle Lejeune et d’autres expatriés travaillant pour des ONG, tombés amoureux de ce pays, ont souhaité faire quelque chose pour aider durablement ses habitants avant de partir au terme de leur mission. «Des amis cambodgiens étaient persuadés que le tourisme allait se développer dans leur pays.»

Projets autonomes financièrement

Mais à l’époque, pas facile de trouver des soutiens financiers. «On nous riait au nez, se souvient la directrice. Dans le domaine de l’aide au développement, le tourisme était jugé trop mercantile. Aujourd’hui, c’est l’inverse: plus aucun projet n’est soutenu s’il n’a pas de retombées économiques locales.» Grâce à la manne rapportée par les touristes, les hôtels créés par Tourism for Help sont autonomes financièrement et offrent des qualifications professionnelles reconnues à près de 150 jeunes chaque année. Et pas seulement dans l’hôtellerie-restauration, mais aussi dans l’accueil, la comptabilité et les langues. «Notre plus grande joie, c’est de voir des jeunes femmes devenir ainsi indépendantes.» L’association encourage également ses stagiaires à créer leur propre entreprise, et les aide à trouver des financements.

Les visiteurs peuvent aussi se rendre directement utiles, en faisant bénéficier les locaux de leurs compétences professionnelles, à l’instar d’une spécialiste en ressources humaines venue faire passer aux jeunes des simulations d’entretiens d’embauche. Mais Isabelle Lejeune cultive toutefois une certaine méfiance face à la mode du volontourisme: «Il y a eu des excès, déplore-t-elle. Des gens croient qu’ils vont sauver l’Afrique en jetant des bonbons aux enfants». (TDG)

Créé: 17.01.2018, 15h04

Le problème

Le tourisme peut générer des nuisances (environnementales et sociales) dans les pays de destination, où il n’est pas toujours bien vu. Par ailleurs, cette activité est très volatile et de nombreux habitants de ces pays manquent de perspectives professionnelles durables. AN.G.
Infos: www.tourismforhelp.com

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