La tour des Grottes ploie sous la pression des habitants

LogementMardi, avant le Municipal de la Ville de Genève, la Coopérative des Grottes a milité pour un projet participatif.

Des gabarits avaient été installés en 2012 pour que les habitants se rendent compte de la hauteur potentielle de la Tour.

Des gabarits avaient été installés en 2012 pour que les habitants se rendent compte de la hauteur potentielle de la Tour. Image: LAURENT GUIRAUD

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Elle aurait dû s’ériger à l’angle des rues des Grottes et Louis-Favre. Huit ans après avoir été imaginée, la tour des Grottes, forte de ses huit étages (selon le projet actuel), a du plomb dans l’aile. Réuni en plénière mardi et mercredi, le Municipal de la Ville de Genève doit décider de son sort. Et se prononcer sur la proposition de Rémy Pagani, conseiller administratif chargé des Constructions et de l’Aménagement, consistant à confier le projet à la Fondation de la Ville de Genève pour le logement social (FVGLS).

«Nous sommes d’accord avec la nécessité de construire du logement. Ce qui ne nous convient pas, c’est la manière de le faire»

Afin de faire entendre leur voix dans ce débat qui promet d’être houleux, des habitants du quartier ont installé mardi un stand d’information devant l’Hôtel de Ville. Leur but: proposer une alternative à la tour sous la forme d’une coopérative.

«Densification douce»

«Le projet de la tour suscite un vrai débat sur le plan politique», explique Adrien Fleury, l’un des fondateurs de la coopérative, créée en 2017. «Nous sommes d’accord avec la nécessité de construire du logement. Ce qui ne nous convient pas, c’est la manière de le faire.» D’où leur pétition demandant que la parcelle leur soit confiée pour y bâtir un contre-projet.

Cette dernière a recueilli plus de 3500 signatures. «De la part des habitants des Grottes, précisent les membres de la coopérative. Mais aussi des architectes et des urbanistes, des défenseurs du patrimoine et de la beauté des quartiers, des partisans d’un secteur de la construction respectueux de l’environnement, des partisans de l’habitat coopératif, etc.»

Dans ce quartier déjà dense, l’association prône une «densification douce». D’autant plus logique selon elle que «les habitants sont de plus en plus nombreux à refuser le bétonnage à tout va dans une pure logique quantitative». En lieu et place de la tour, la coopérative défend un projet d’une vingtaine de logements plutôt que quarante. Elle souhaite «un immeuble socialement mixte» alors que le projet initial prévoit uniquement des logements sociaux. Conscient que le projet qui a remporté le concours en 2010 «doit légalement être exécuté», Adrien Fleury regrette que «l’adhésion des habitants des Grottes ait été négligée».

Un avis que partage le Parti socialiste. D’où le dépôt d’une motion en urgence, qui sera débattue en même temps que la proposition du Conseil administratif. Le texte porté par la cheffe de groupe, Albane Schlechten, propose de renvoyer le projet à l’Exécutif afin qu’il revoie sa copie et propose un projet «en adéquation avec les gabarits du quartier et avec la demande des habitants».

Un projet né en 2010

C’est en effet ce qui pèche depuis le début. La tour naît en 2010, à l’occasion d’un concours. Sur les 67 projets rendus, celui de l’architecte Jean-Paul Jaccaud l’emporte. Il propose un édifice de dix étages incluant cinquante logements. Les habitants s’étonnent de la taille imposante du bâtiment sur une parcelle exiguë et dans un quartier où le gabarit moyen est R +3, éventuellement R +4. L’opposition s’organise. En 2011, l’association La tour prend garde est créée. Et c’est à Rémy Pagani de défendre le projet dans ce quartier où il a fait ses armes.

En septembre 2012, à l’issue d’une réunion publique, les habitants rabotent la tour à cinq niveaux (quatre étages sur rez). Le conseiller administratif Rémy Pagani baisse les armes et s’engage à défendre cette option. Mais le Conseil municipal ne l’entend pas de cette oreille. En octobre 2012, il oblige le magistrat d’Ensemble à Gauche à remettre l’ouvrage sur le métier et à «tout mettre en œuvre pour concrétiser le projet de construction d’un immeuble de dix niveaux».

En mars 2016, Rémy Pagani dépose le projet de résolution proposant de remettre le projet à la FVGLS. C’est sur cette proposition que le délibératif doit se prononcer. Le nombre d’étages ou la forme de l’immeuble restent flous. Jusque-là, un million de francs ont été investis dans ce projet. A l’heure où nous mettions sous presse, le délibératif entamait tout juste le débat.

Créé: 19.06.2018, 23h09

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