Elle fait tomber le masque pour libérer les sourires

Santé Diane Baatard est conteuse auprès des enfants hospitalisés. Son projet de masque transparent vient de remporter un prix.

Diane Baatard, conteuse pour les enfants hospitalisés, a imaginé un masque transparent pour améliorer le quotidien des patients

Diane Baatard, conteuse pour les enfants hospitalisés, a imaginé un masque transparent pour améliorer le quotidien des patients Image: P. MAEDER

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Il était une fois une danseuse. Qui, un jour, est victime d’un grave accident de voiture. Diane ne dansera plus. Alors elle se découvre un autre talent et devient conteuse. D’abord pour sa filleule, puis pour apporter un peu de rêve aux enfants de l’unité d’onco-hématologie pédiatrique de l’Hôpital cantonal. Elle vient de remporter un prix pour son projet de masque stérile transparent, Hello Mask, qui retient les microbes mais laisser passer les sourires. C’est un patient qui a fait naître l’idée. «Ce petit garçon de 3 ans venait d’être greffé. Il se retrouvait soudain face à une inconnue masquée, tout ce qu’il voyait c’était mes yeux…»

Pas d’examen sans Simplet

Diane Baatard est conteuse à l’Hôpital des enfants depuis treize ans. Trois fois par semaine, mais une fois ces derniers temps, elle «casse les vitres» des chambres stériles, apporte un peu de légèreté dans le quotidien des malades, offre une évasion au château de Brocéliande à ceux qui sont forcés au confinement pendant des mois. Elle n’a pas accès à leur dossier médical, «je n’ai besoin que du prénom de l’enfant et de savoir comment il se sent».

La conteuse raconte, elle ne lit pas. Et compose des histoires sur-mesure pour les petits comme pour les grands. «Je parle avec eux pour savoir ce qu’ils aiment, pour trouver une porte d’entrée.» Une porte en forme de Seigneur des anneaux ou de Peau d’âne, l’histoire préférée de la conteuse. Ou en forme d’ours: «Un petit garçon, recroquevillé dans son lit, refusait de parler. Je lui ai raconté l’histoire, véridique celle-ci, de l’ours M25 arrivé d’Italie dans les Grisons. En expliquant que j’avais besoin de lui pour signer la pétition lancée par le WWF pour éviter qu’il ne soit abattu. Il s’est redressé et m’a dit: «Montre-moi!»

D’autres portes d’entrée impliquent aussi la complicité des soignants. Comme pour dédramatiser l’auscultation d’une fillette tétanisée. «J’ai dit au médecin que s’il voulait l’ausculter, il fallait d’abord me donner le nom des sept nains. Il a joué le jeu et la petite fille a ri aux éclats.» La conteuse précise: «Je collabore énormément avec les équipes médicales. J’ai beaucoup d’admiration pour elles, comme pour les enfants et leurs parents.»

«Humaniser le masque»

Diane Baatard emmène les patients dans un monde imaginaire mais enchaîne aussi les projets bien réels. Comme une fête du 1er août dans l’unité, la création d’une bibliothèque – avec des livres et des jeux désinfectés et plastifiés car le carton contient des champignons –, des diplômes de super-héros qu’elle distribue aux courageux malades. Sa dernière idée, Hello Mask, vient d’être récompensée par le Challenge Debiopharm Inartis, qui vise à améliorer la qualité de vie des patients. «Nous avons créé un modèle de masque avec une face transparente. Ça a l’air anecdotique, pourtant cela change beaucoup de choses. La transparence permet d’humaniser les visages que les enfants croisent au quotidien, de leur montrer des émotions, de conserver un vrai lien. Et cela atténue un peu le côté anxiogène du masque.»

L’idée s’est muée en projet au détour d’une soirée et d’un voisin de table passionné. «Lorsque j’ai rencontré Sacha Sidjanski, chercheur à l’EPFL, et lui ai parlé d’Hello Mask, il m’a immédiatement offert son soutien!» Le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (EMPA) s’est joint à l’aventure et il existe maintenant un prototype. «On me demande souvent pourquoi personne n’y a pensé avant. C’est parce que c’était technologiquement irréalisable. Il faut un matériau qui laisse respirer tout en protégeant, qui soit hypoallergénique. Aujourd’hui, ça existe!»

Mais pour que l’histoire se finisse bien, il faut encore quelques moyens… Les personnes intéressées peuvent écrire à sps@epfl.ch.

Créé: 15.12.2016, 09h17

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