Timothée Calame: éloge de l’inefficacité

Nouvelle vagueLe jeune artiste genevois à la carrière internationale explore les notions de public et de collectif. Il vient de remporter le Prix culturel Manor.

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Il a une carrure d’Irlandais, de mauvais garçon de cinéma. Celui qui finit par tout envoyer valser d’un revers de main au saloon. Un mec qui vient de gagner quinze briques et une exposition en avril au Mamco assortie d’une publication. Le prix est attribué par les grands magasins Manor. Il récompense un jeune artiste genevois tous les deux ans.

Manor, Timothée Calame, 26 ans, connaît bien. Il a grandi juste à côté, rue Lissignol. Le supermarché avec ses rayonnages de ballons de foot était son terrain de jeu d’enfant. L’évacuation des squats, la gentrification, la montée des politiques sécuritaires ont imprégné de politique ce qu’il appelle sa «basse adolescence». Son travail d’artiste s’est sédimenté sur cette prise de conscience, avec la découverte aux Beaux-Arts de ce qu’il appelle «l’Impossible», un concept esthétique emprunté à George Bataille pour décrire une poétique d’un inaccessible absolu.

Son exposition de 2017 à la galerie Edouard Montassut à Paris constitue une bonne introduction à un travail qu’il se garde de trop définir. «Ma pratique est encore jeune, en développement.» Son titre, Publique, rappelait qu’en dépit des barrières socioculturelles dans l’accès à l’art, l’exposition était ouverte à tous. Mais dans la galerie, des barrières en métal rouillé, entre la barre de danse et le mobilier urbain, renvoyaient une image grotesque de l’espace public en période d’état d’urgence et de crise migratoire. Ce dédale compliquait l’approche de quatre affiches blanches barrées de trains peints à l’acrylique. Là où figurent d’habitude le nom de la compagnie et la classe, l’artiste a inscrit des formules qui, sous couvert d’expressions toutes faites, révèlent comme un système de duplicité à l’exemple d’«indicateurs de toutes espèces/le ciel vous rendra».

Sans limites dans ses médiums, de la peinture à l’huile à la vidéo, son travail se distingue par ses matériaux et sa facture simples qui raillent, caricaturent ou subvertissent les technologies de contrôle contemporaines. C’est d’ailleurs pour s’éloigner d’une forme d’efficacité qu’il vit en partie à Marseille. «J’y trouve un autre rapport au temps qui me convient bien.» L’usage du temps sera justement au cœur de son exposition au Mamco.

(TDG)

Créé: 20.02.2018, 11h41

Timothée Calame, 26 ans, présentera une exposition dans l’espace Ecart du Mamco à partir du 17 avril prochain. (Image: Georges Cabrera)

La sélection digitale

Félix Stähli, 36 ans
Le cofondateur d’Impact Hub Genève, un espace de coworking, mise sur les applications «freemium», gratuites avec une option payante. Il utilise notamment Todoist, un gestionnaire de tâches personnelles. En tant que fondateur d’une start-up, il recommande aussi Trello, une plate-forme collaborative de gestion de projet, indispensables «dans les projets multisectoriels qui demandent beaucoup de coordination».

Les bons plans

Roxane Fleury, 25 ans
Chargée de la promotion de l’association culturelle Kalvingrad, Roxane Fleury apprécie beaucoup le petit restaurant érythréen qui se trouve dans l’immeuble coopératif du CRAC, le Centre de Recherche et d’Action Communautaire, au 7, Boulevard Carl-Vogt. L’établissement affiche une ambiance familiale: «On a l’impression de manger chez des particuliers!» Mercredi soir, Roxane se rendra à l’inauguration du Nid, une épicerie coopérative et participative établie au 3, Sentiers des Saules et qui propose toutes sortes de produits en vrac provenant de circuits courts. Niveau culture, la jeune femme originaire d’Yverdon recommande une visite du cinéma Cinélux, situé à la Jonction. La petite salle indépendante, ouverte depuis 1945 et rénovée l’année passée «est gérée par une chouette équipe et présente souvent des avant-premières». Ce jeudi, c’est le film Jusqu’au bout des rêves qui y sera projeté en présence de son réalisateur, le Haut-valaisan Wilfried Meichtry.
En soirée, Roxane aime se rendre à La Gravière pour profiter des événements techno ou hip-hop qui y sont organisés. Elle apprécie aussi la petite salle de L’Écurie, «avec son public de niche et sa musique underground».

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