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Un thriller scientifique traque la résistance aux antibiotiques

Le Français Thierry Crouzet veut sensibiliser le public à ce problème mondial.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.
SCHMALZ MICHEL

«La résistance aux antibiotiques risque de virer à la catastrophe.» Afin de sensibiliser le public à ce problème, le Français Thierry Crouzet a écrit «un pur polar. Une forme puissante pour faire passer des idées politiques. J’espère ainsi toucher un public jeune.» L’intrigue de Résistants démarre aux Bahamas, sur un bateau dont les 35 passagers tombent malades et meurent, sauf une étudiante en médecine et un jeune homme. «Elle le suspecte d’avoir tué les autres. Cela part comme une histoire d’empoisonnement avant que l’on ne découvre qu’une bactérie résistant à tous les antibiotiques est responsable du mal».»

Pour bétonner le scénario, Thierry Crouzet a travaillé avec le professeur Didier Pittet, chef du Service de prévention et contrôle de l’infection des Hôpitaux universitaires de Genève. Il a rencontré ensuite des médecins, des microbiologistes et des spécialistes de santé publique en France, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Géorgie et en Australie. Des experts que l’on retrouve dans le livre. «Le problème est très vaste, relève Thierry Crouzet: les antibiotiques imprègnent tout notre environnement.»

Didier Pittet confirme: «Seuls 20% à 25% des antibiotiques sont consommés en médecine humaine. Le reste relève de la médecine animale et environnementale, où ils sont utilisés à mauvais escient.» Traités pour grossir plus vite, les animaux développent des résistances, qu’ils nous transmettent. «La recherche s’interroge encore sur les conséquences pour notre santé.» Quant aux médicaments pour l’homme, leur utilisation est inadéquate dans la moitié des cas. «Dans certains pays, on peut en acheter en grandes surfaces, sur les marchés. Ils n’ont parfois que 50% ou 10% de la dose et leur efficacité moindre favorise les résistances.» Résultat: alors qu’il y a vingt ans, les germes les plus résistants restaient confinés dans les hôpitaux, on voit désormais apparaître des résistances chez des patients ordinaires.

Alors que faire? Didier Pittet rappelle l’importance de prescrire les antibiotiques à bon escient et de suivre les recommandations à la lettre: «Si un traitement est prescrit pour dix jours, ne l’interrompez jamais après trois jours.»

Table-ronde «Laboratoires et bioterrorisme» ce samedi à 13 h au Salon du livre avec N. Beuglet, Th. Creuzez et D. Pittet. S.D.

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