Thônex torpille la pétition antimigrants de l’UDC

AsileLe Conseil municipal a largement rejeté le texte muni de 417 signatures. Les paroissiens de Thônex s’«insurgent» également.

Mairie de Thônex.

Mairie de Thônex. Image: Laurent Guiraud

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Après la récolte de signatures, la pétition lancée par l’UDC Thônex contre l’accueil de migrants passait son examen politique, mardi soir. Elle a reçu un accueil glacial au Conseil municipal. A une large majorité (18 contre 7), les élus thônésiens ont décidé de la classer. Dit autrement, ils l’ont envoyée aux oubliettes, quand l’UDC et le MCG souhaitaient son renvoi à l’échelon de l’Exécutif communal.

Avant même que les débats aient commencé, la séance s’est ouverte sur la lecture d’un courrier adressé par les paroissiens thônésiens. «Nous nous insurgeons», ont-ils écrit pour marquer leur opposition au contenu de la pétition.

Lancé par l’UDC — deux élus sur 27 à Thônex — le texte fait suite à l’annonce de la construction d’un centre d’hébergement pour requérants d’asile sur le site de Belle-Idée. Alors qu’environ septante migrants occupent déjà un abri PC de la commune, le terrain (propriété du Canton) identifié par l’Hospice général devrait accueillir 350 à 400 personnes, majoritairement des familles, au sein de containers modulables.

Au dire de l’UDC, «Thônex n’en peut plus». Dans cette commune suburbaine parmi les «plus précarisées et criminogènes du canton», «le Conseil d’Etat veut nous imposer un camp de 400 migrants» qui viendraient «pour des raisons strictement économiques», écrit la section thônésienne. Sans oublier d’ajouter que les Thonésiens et les Thonésiennes, eux, «se serrent la ceinture».

Autant dire que la rhétorique n’a pas convaincu. Le démocrate-chrétien Philippe Calame s’est même amusé du nombre de signatures récoltées, 417 au total, sur les 14 000 habitants que compte la commune. «En réalité, ce sont quelques maigres Thonésiens qui n’en peuvent plus. Nous renverrons cette pétition où elle mérite d’aller: à la poubelle!»

Pour le Conseil administratif, l’UDC s’est trompée de destinataire puisque sa pétition demande à l’Exécutif d’informer le Conseil d’Etat et de «s’opposer à toute autorisation de construire». «Nous ne sommes pas La Poste, adressez-vous directement aux autorités cantonales», a ironisé le conseiller administratif Pascal Uehlinger (PLR). Quant au maire Philippe Decrey (PDC), il a réaffirmé que la Municipalité ne dispose d’aucun pouvoir face à la décision des autorités cantonales. Des différends subsistent toutefois entre la Commune et l’Hospice général, notamment sur les frais liés à la scolarisation des enfants ou à la gestion des déchets. (TDG)

Créé: 09.03.2016, 18h21

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