Thibaud Agoston, le nouvel «ovni» de l’humour genevois

PortraitNouveau venu dans le milieu du stand-up, le Veyrite présente son spectacle «Homme moderne», avant de repartir à Paris.

Sur scène, Thibaud Agoston mêle l’humour, le slam et la danse Image: Georges Cabrera

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Si l’on en croit sa page Facebook, Thibaud Agoston voulait être comptable. Mais ses parents le poussent à devenir humoriste… Une plaisanterie évidemment. En le retrouvant à Carouge au Caustic Comedy club, où il présente le samedi 4 mai son spectacle «Homme moderne», le Genevois de 22 ans semble tout sauf malheureux de son sort. Il nous accueille, casquette brune sur la tête et survêtement du Paris Saint-Germain sur les épaules. Il l’enlève toutefois rapidement et opte pour une tenue plus classique, photo oblige.

Il est de passage dans sa ville natale pour le week-end. Normalement, il jongle entre sa formation théâtrale aux célèbres Cours Florent, qu’il suit depuis plus d’un an, et les représentations hebdomadaires de son spectacle à la Petite Loge, à Paris, où il vit désormais. De quoi parle son spectacle? «C’est un mélange de blagues et de rimes. Il faut que j’améliore mon «speech», non? s’amuse-t-il, avant de poursuivre: Dans «Homme moderne», je parle de ma génération, qui évolue dans un monde assez sombre, bouleversé par internet, où la pression pour trouver du travail est omniprésente et où les cultures n’ont plus de frontières. Je la compare à celle de mes parents et à la génération qui vient après moi.»

Peur panique de l’ennui

Ses parents à lui ne sont pas étonnés par son parcours et l’ont toujours encouragé. Son père travaille dans les ressources humaines, sa mère est, elle, réellement comptable. Il aime faire des vannes, elle est bon public. «On parle en blagues depuis toujours dans la famille», résume-t-il. Trois enfants réputés dans leur entourage pour être drôles et trois artistes. Son grand frère fait du rap à Genève sous le nom de Watson et sa petite sœur suit des cours à la Fédération d’improvisation genevoise (FIG), comme Thibaud l’avait fait, adolescent. Il a ensuite suivi une formation dans le social à l’École de culture générale mais les planches le rattrapent. «Depuis mes 13 ans, je n’ai jamais pensé faire autre chose que de la scène, quand je n’en fais pas, je m’ennuie, j’angoisse.»

Pas de course à la gloire mais plutôt l’envie de faire rire, la joie d’entendre claquer les mots et le plaisir, presque masochiste, d’être mis sous pression pour écrire ses sketches. «J’aime l’inconnu, l’incongru et le fait d’être mis en difficulté sur scène.» Il prend encore plus de plaisir depuis qu’il s’est débarrassé du stress qui pouvait le tétaniser: «Avant, j’étais surtout connu en Suisse comme l’humoriste qui tremble de trac. Pour feindre la décontraction, je jouais un personnage de vieux drogué dépressif, donc le public se disait que j’étais soit un excellent acteur, soit un fou. C’était entre les deux», sourit-il.

Depuis, il se lâche. Il a en commun avec Blanche Gardin d’avoir une gueule d’ange et un humour grinçant, «pas du tout adapté aux enfants», insiste-t-il. L’avenir nous dira si Thibaud Agoston atteindra la renommée de l’humoriste française, mais le jeune homme a déjà commencé à se faire un nom en remportant la 5e édition du concours «Scène ouverte» du festival Morges-sous-Rire, en juin 2018.

Un tremplin qui lui permet de représenter la Suisse dans des concours d’humour internationaux, où il croise notamment Charles Nouveau, ambassadeur de la France. Thibaud Agoston revient de Lièges et se produira en août au Québec. Les humoristes suisses Alexandre Kominek ou encore Thomas Wiesel, dont il apprécie particulièrement l’humilité, lui font régulièrement des retours sur ses sketches. «Avec Kevin Eyer, Bruno Peki, Jeremy Crausaz et Cin, on est la nouvelle génération de blaguistes qui suivent leurs traces. On a beaucoup d’admiration pour eux. Il n’y a pas de compétition mais plutôt de la bienveillance et de la solidarité entre nous tous.»

«Je suis dyslexique»

Dans le paysage francophone, les jeunes talents ne manquent pas, mais certains font la différence, confirme Mo Hadji, producteur et manager chez Agence Bazar à Paris, qui a repéré Thibaud Agoston cet été à Avignon et qui gère sa carrière depuis. «C’est un véritable ovni! Sur scène, Thibaud ne se contente pas de faire rire, il slam et danse aussi. C’est un grand travailleur et ses multiples talents lui ouvrent des portes.»

Depuis le début de l’année, il s’est installé à deux reprises au micro de la radio LFM pour des chroniques et adore ça.«Je suis dyslexique et je suis très sensible la sonorité et au rythme des mots. Je passe d’ailleurs le plus clair de mon temps libre à écouter des podcasts en jouant à la console.»

Il a joué à guichets fermés vendredi, mais il vous reste samedi soir pour découvrir cet artiste plein de promesses.

«Homme moderne» Caustic Comedy Club, 6, avenue Cardinal-Mermillod, 1227 Carouge, 4 mai, 20 h 30, 20-25 francs (TDG)

Créé: 04.05.2019, 09h34

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