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La thérapie par le jardinage

L'association «équiterre» installe des jardins potagers dans des lieux atypiques, comme des EMS, des prisons ou des centres de requérants.

Germaine Dunand et Marie-Louise Schöni s’activent autour du nouveau potager urbain de l’EMS Eynard-Fatio, à la Gradelle.
Germaine Dunand et Marie-Louise Schöni s’activent autour du nouveau potager urbain de l’EMS Eynard-Fatio, à la Gradelle.
MAURANE DU MATTEO

S’approvisionner en légumes frais à peu de frais, c’est a priori à cela que sert un jardin potager. Pourtant, les bénéfices du jardinage sont loin de se limiter à des questions purement alimentaires ou économiques. De plus en plus, on cultive aussi les bienfaits sociaux, pédagogiques, voire thérapeutiques d’une activité potagère. L’association «équiterre» a déjà semé quelques graines dans ce domaine. Forte des premières expériences menées depuis deux ans à Porrentruy et à Neuchâtel, elle a planté l’été dernier un potager urbain à l’EMS Eynard-Fatio, à la Gradelle.

Démarche participative

Avec l’arrivée du printemps, l’activité a repris autour des bacs en bois construits sur mesure par le jardinier de l’institution. Conçus selon les indications de l’association, ces bacs permettent à des personnes en chaise roulante de participer aux travaux de jardinage, et aux autres de soigner les salades et herbes aromatiques sans avoir à se pencher. Car les jardiniers, ici, ce sont les résidents de l’EMS. Ils ont d’ailleurs été impliqués dans le projet depuis le tout début. «Les gens ont par exemple pu dire le genre de plantes et de légumes qu’ils voulaient cultiver, raconte Alice Genoud, chargée de projets chez «équiterre». Il y a toujours une démarche participative dans les potagers urbains que nous créons.»

«Travailler dans un jardin apporte des bienfaits insoupçonnés. Cela aide au niveau de l’estime de soi.»

Jardiner permet aux résidents d’avoir une activité physique en plein air. «Travailler dehors leur apporte énormément de bienfaits insoupçonnés, poursuit Alice Genoud. Cela aide beaucoup au niveau de l’estime de soi. On voit les gens retrouver le sourire. En milieu psycho-gériatrique, des patients se sont même remis à communiquer davantage et à dormir mieux.» Sans oublier que c’est bon pour la motricité et que ça éveille les sens. Mais surtout, le travail au jardin rapproche les pensionnaires en les faisant sortir de leur cocon. «Le jardinage, c’est presque un prétexte, confie le directeur de l’EMS Eynard-Fation, Florian Hübner, à l’origine du projet. C’est avant tout une activité collective qui crée une interaction entre les personnes, ça devient un sujet de discussions. Et puis, cela permet de valoriser le savoir-faire de nos résidents. Certains ont plus d’expérience que notre jardinier.»

Pour le directeur, ce qui est aussi intéressant dans ce jardin, c’est ce qu’il fait résonner chez les personnes âgées. «Jeune, j’aimais déjà jardiner, se remémore Germaine Dunand. C’est beau de voir pousser les plantes!» Ancien agriculteur, André Gleyvod aime aussi travailler au potager. «Cela me rappelle des souvenirs, confie-t-il. J’aime beaucoup les fleurs.»

Contre le désœuvrement

Sur le même principe, l’association «équiterre» s’est aussi intéressée à d’autres lieux atypiques où les gens sont désœuvrés par la force des choses. En 2013, dans le quartier des Franchises, elle a ainsi installé un jardin potager à la maison d’arrêt de Villars, dont s’occupent les détenus. Et l’automne dernier, un jardin a été créé au profit des requérants d’asile du foyer des Tattes, à Vernier. A chaque fois, la démarche est la même. Les gens participent à tout le processus depuis le début, et bénéficient des fruits de leur travail, qu’ils utilisent pour la cuisine ou les repas en commun. Des animations peuvent être organisées en marge du projet, afin de faire de la sensibilisation au développement durable, à la culture biologique, et aux légumes locaux et de saison. De plus, des cours sont régulièrement donnés sur les techniques de jardinage, les semis, le compostage, la récolte, l’hivernage, etc. L’association assure le suivi des projets pendant un an. Ensuite, le but est que les gens se les approprient, explique Alice Genoud: «Au final, ces jardins potagers doivent pouvoir fonctionner de manière autonome.»

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