Ils ont testé un mois sans supermarché

ExpériencePlus d'un millier de Genevois ont participé à une opération qui voulait privilégier le petit commerce local plutôt que les grandes enseignes. Bilan.

Luana Generoso (ici à la Boulangerie des Grottes) a participé à l’action «Février sans supermarché: le défi genevois».

Luana Generoso (ici à la Boulangerie des Grottes) a participé à l’action «Février sans supermarché: le défi genevois». Image: GEORGES CABRERA

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«Durant le mois de février, fuyons les grandes enseignes pour privilégier les petits commerçants, les maraîchers, les épiceries de village, les producteurs locaux, les magasins en vrac, etc.» Ils ont été plus de 1800 Genevois à répondre à l’appel lancé sur la page Facebook «Février sans supermarché: le défi genevois» par différentes associations (lire notre édition du 31 janvier). Le challenge a été relevé de la même manière dans le reste des cantons romands et a même dépassé les frontières helvétiques. En France, la ville de Dijon ou la région Aquitaine, par exemple, avaient elles aussi leur page Facebook pour échanger conseils et bonnes adresses.

À Genève, Luana Generoso, 28 ans, qui avait ses habitudes à la Migros, a tenu bon. Deux exceptions tout de même: une semaine de vacances en Angleterre et une seule virée à la Migros afin d’acheter des yaourts sans lactose, introuvables ailleurs. La jeune femme tire un bilan très positif de cette expérience: «Participer au défi m’a permis de découvrir une fromagerie à quelques minutes de chez moi, chez qui je continuerai de me fournir, ou encore la Boulangerie des Grottes. Ce que j’ai préféré? Les discussions échangées avec les commerçants. En allant acheter mes fruits et légumes à l’Union maraîchère, j’ai aussi pu économiser de l’argent pour l’investir dans certains produits vendus plus cher qu’en grande surface, comme la viande, achetée à la Ferme de Budé.»

«Galoper de partout»

Il y a un mois, Laura, 60 ans, traiteur indépendante, nous confiait se réjouir de découvrir de nombreux petits commerces dans différentes villes du canton. Un rythme pas toujours facile à tenir au fil des semaines: «Au début, c’était amusant de parcourir et repérer les fermes et les épiceries… mais après, je n’avais pas autant de temps. Je m’en suis donc tenue à quelques petits commerces de proximité. Je vais garder ces bonnes habitudes», confie-t-elle. Son budget alimentaire a certes un peu augmenté, mais elle assure consommer des produits de meilleure qualité et moins gaspiller.

Yann, 45 ans, a joué le jeu à 100%. Lui qui fait habituellement toutes ses courses à Onalavie, à Saint-Julien-en-Genevois, a aussi «galopé de partout» pour ses achats: «L’Épicerie du Marché et Nature en Vrac pour les céréales et les légumineuses, la Ferme d’Esery pour les légumes et la Crémerie Végane pour les délicatesses.» Il reste toutefois insatisfait par les légumes des marchés genevois: «Il est quasiment impossible de trouver des légumes qui soient à la fois bio et locaux, ou alors au même prix que le caviar!» déplore l’entrepreneur.

Coop et Migros s’y mettent

Les grandes surfaces ont bien senti la tendance. Elles développent depuis plusieurs années elles aussi leur offre bio, locale et, plus récemment, la vente en vrac. Coop propose notamment depuis le mois de novembre des sacs réutilisables pour fruits et légumes, fabriqués à partir de cellulose certifiée FSC. Sinon, dans les étals, on retrouve des produits bio sous le label Naturaplan et locaux, avec les produits estampillés «Ma région». À la Migros, des produits sont vendus exclusivement dans leur canton d’origine sous le label «De la région». «En 2017, les ventes de produits de l’assortiment «De la région» ont atteint plus de 970 millions de francs, soit une hausse de 3%», commente Lisa Asticher, du service communication.

Depuis cet hiver, la chaîne propose à l’essai, dans la Migros de Balexert, la vente en vrac de riz et de légumes, en plus du chocolat, des fruits secs et des noix. «Ce n’est pas suffisant», selon Déborah Rouault. «Les grandes surfaces s’adaptent aux tendances pour des raisons économiques, mais sans qu’il n’y ait la philosophie qui va avec», déclare la cofondatrice et présidente de l’association Le Bocal local. Comme d’autres participants au défi, la jeune femme n’a pas non plus digéré l’implantation prévue du magasin franchisé Voi Migros (qui vend notamment des produits de la région) dans le quartier des Vergers, à Meyrin, à la place du supermarché participatif paysan (SPP).

(TDG)

Créé: 14.03.2018, 17h07

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