Cette terrasse qui prend ses aises depuis deux longues années

Plein airLa privatisation d'un quai de la Rive gauche se poursuit, en attente d’un jugement devant le tribunal.

Huit tentes-igloos à l'emprise visuelle incontestable composent une terrasse d'hiver sur le quai piétonnier allant de la place Bel-Air à la place du Rhône.

Huit tentes-igloos à l'emprise visuelle incontestable composent une terrasse d'hiver sur le quai piétonnier allant de la place Bel-Air à la place du Rhône. Image: MAGALI GIRARDIN

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On pensait en avoir fini avec le village lapon installé depuis trois mois sur le quai Bezanson-Hugues, à mi-distance entre la place Bel-Air et la place de la Fusterie. Soit huit igloos en plastique transparent, équipés de chaufferettes et de tout ce qui fait le mobilier d’appoint d’une terrasse d’hiver.

Cet ensemble à l’emprise spatiale et visuelle pour le moins excessive est toujours là. Rien n’a changé, sinon le malentendu nocturne engendré par le voisinage d’œuvres artistiques joliment éclairées, dans le cadre d’un festival de qualité organisé par la Ville. Les igloos produisant eux aussi de la lumière, les visiteurs de janvier ont pu penser qu’ils figuraient dans l’offre festivalière du moment.

Soucieuse de mettre de l’ordre dans la confusion et, surtout, de ne pas passer pour celle qui ne fait rien face à l’excès criant, cette même Ville tient à préciser que «ces installations ont été posées par l’exploitant sans aucune permission». C’est le conseiller de direction en charge de la communication du Département de l’environnement urbain et de la sécurité (DEUS), Cédric Waelti, qui apporte ce complément d’information.

Il ajoute, en soulignant son propos pour être bien compris, que «le Service de l’espace public (SEP) a mis en demeure l’exploitant de retirer immédiatement ces igloos il y a quelque temps déjà. Une amende lui a été infligée.» La menace pécuniaire n’a eu aucun effet. «L’exploitant a pris un avocat et fait recours. C’est son droit. L’affaire est donc pendante devant le Tribunal administratif qui doit statuer sur le cas, dans les délais qui sont les siens.»

Ces fumoirs en sursis, à l’intention d’une clientèle nantie aimant tirer sur le cigare et la chicha, sont donc toujours opérationnels. De nuit, ils évoquent ces espaces confinés dans lesquels les pompiers se forment aux tâches de ventilation. De jour, ils rappellent la décoration suggestive d’un stand des Automnales, les pingouins bicolores en moins.

Sauf que l’on est ici dans un site protégé et pas à Palexpo. Le responsable de ce bar-restaurant à deux entrées ne semble pas faire la différence. En réglant les amendes et les honoraires d’un cabinet d’avocats, il se paie un droit d’occupation dans la durée. Les igloos vont faire la saison comme l’année dernière.

Car la chose fête déjà son deuxième hiver consécutif. Avant d’aborder les beaux jours dans une configuration tout aussi envahissante, puisque cette terrasse évolutive, aménagée sur un sol artificiel recouvrant le pavé, se transforme l’été venu en fauteuil Emmanuelle, dans des gabarits généreux inspirés du cinéma, pas exactement à l’échelle de ce petit quai piétonnier privatisé depuis déjà deux longues années.

Créé: 06.02.2020, 20h58

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