Le temps de l’été, le skatepark de Plainpalais vit aussi la nuit

GenèveEspace public ouvert toute la nuit, l’installation attire sportifs, fêtards et familles venus profiter de la douceur des soirées.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ce n’est plus la canicule du mois de juillet, certes, mais le skatepark un après-midi d’été reste un véritable défi. «Une journée sans ombre sous le cagnard», résume Grégory, 24 ans, en sueur sur son BMX. Il y a bien les arbres, pour s’abriter en bordure de plaine, mais la structure de béton brut offre peu de prises à la végétation. Ni même au parasol d’ailleurs. Alors il faut patienter. «Je suis venu d’Annecy dans l’après-midi. Il est maintenant 20 h, et ça devient agréable», se réjouit Grégory.

Sur la plaine de Plainpalais, le skatepark vit. Et en été, il vit beaucoup la nuit. De sport – sa fonction première – mais aussi de fête. Quelque 380?personnes s’y sont ainsi réunies pour une soirée au début de juillet. «J’ai relevé le chiffre au compteur manuel, raconte Cédric Bodinier, responsable de l’installation pour le service de la jeunesse de la Ville de Genève. Les jeunes venaient célébrer le début des vacances.» Sur le skatepark, les soirées sont en général improvisées. «Difficile de savoir quand ça va prendre, poursuit Cédric Bodinier, mais c’est souvent le week-end.»

Mardi, ils étaient une quarantaine. «Un petit soir, souligne Niko, 18 ans, assis à même le béton. On est souvent plus d’une centaine sur le site. Là, il n’y a même pas de musique.» Avec une dizaine d’amis, ils discutent, boivent tranquillement et se lèvent parfois pour faire un peu de skate. «C’est la présoirée idéale. On est dehors, personne ne vient nous embêter, et quand c’est l’heure, l’Usine est à deux pas.»

Dans le bowl – la partie concave de l’installation – ils sont une vingtaine à enchaîner les figures. Le soleil baisse et les courbes des virages deviennent plus difficiles à lire. Gregory prend une pause. «L’avantage en soirée, c’est qu’il y a moins d’enfants, donc moins de chance de percuter quelqu’un. On peut y aller à fond.» A 21 h 15, les huit ampoules du projecteur s’allument. Timing impeccable. Une lumière lunaire se répand alors sur le skatepark. Largement suffisante pour le jeune homme: «Sur 3000 m2 de surface, deux zones seulement sont dans l’ombre. C’est quand même bien pensé.»

Au-dessus du bowl, Alex, en rollers, s’entraîne. Il prépare la compétition qui aura lieu samedi: le Inline Geneva Contest. Les nuits sur le skatepark? «Ça reste bonne ambiance. On est un petit milieu, donc on se connaît tous. Tant que c’est allumé, ça ne craint pas.» Après? La fermeture des bars autour de la plaine peut rabattre quelques clients éméchés vers les bancs du skatepark. «A Marseille, ils ont opté pour un éclairage jusqu’au matin, raconte Alex. Ça pourrait être pas mal ici.»

Loin de ces considérations, Thibault, 10 ans, fait des allers-retours en trottinette sur la partie street – surface plus plane – de l’installation. «Avant, je venais le mercredi, mais maintenant il y a école. Heureusement, il reste le soir.» Ils sont encore cinq enfants à 22?h, surveillés par leurs parents. Si Thibault pratique en solitaire, il n’hésite pas à jeter des coups d’œil au groupe de Niko installé quelques mètres plus loin. «Le soir, le skatepark devient un grand lieu de rencontre. Moi, je fais du sport.»

Créé: 06.08.2015, 18h12

«Servir le sport urbain»

Si Claudio Deuel, chef du Service de la jeunesse de la Ville de Genève, se félicite de l’ambiance qui règne sur le skatepark, «et ce y compris le soir», il reconnaît que les fêtes organisées à même l’installation peuvent s’avérer problématiques. «Elles détournent la structure de sa fonction première, à savoir la pratique des sports urbains, et peuvent créer des nuisances sonores pour le voisinage.» L’homme regrette en particulier les jets de bouteilles vides à même le bowl, dont les débris peuvent blesser les utilisateurs le lendemain.

Le constat fait, Claudio Deuel refuse de se montrer alarmiste pour autant: «La situation sur le skatepark n’est pas hors de contrôle non plus. Avec un peu de tolérance, utilisateurs et voisins peuvent tout à fait vivre ensemble. En été, le temps est propice à la pratique et nous éclairons jusqu’à 23?h?30. On boucle plus tôt en hiver.» Pour ce qui est des déprédations? «Le skatepark est un espace public ouvert la nuit, souligne le chef de service. Je ne crois pas qu’il y ait de solution miracle, malheureusement.»

Articles en relation

Une pétition pour un skatepark en salle à Genève

Sports urbains Pour les skateurs, le futur espace devrait permettre d’éviter les problèmes de surpopulation à Plainpalais. La Ville a des idées, mais rien ne se fera avant quelques années. Plus...

Le skatepark se décline au féminin

Glisse A l'occasion de la Journée des femmes, plusieurs événements réservés aux filles se sont déroulés sur la plaine de Plainpalais. Reportage vidéo Plus...

Le nouveau skate-park installé sur la plaine de Plainpalais ravit les riders genevois

Genève Les skateurs, rollerbladeur ou amateurs de BMX ont pu profiter dès mercredi du "bowl" et autres infrastructures mis à leur disposition Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

C'est le week-end: restez chez vous!
Plus...