Au temple, les poufs ont chassé les bancs et le culte se vit «comme à la maison»

PlainpalaisSirop de cannelle, célébration interactive, espaces pour enfants: un culte d’un nouveau genre a réuni près de 50 personnes.

La première édition du «Sun Day» a eu lieu en septembre. Cette nouvelle forme de célébration se veut plus participative.

La première édition du «Sun Day» a eu lieu en septembre. Cette nouvelle forme de célébration se veut plus participative. Image: ALAIN GROSCLAUDE

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Des canapés noirs et beiges, des coussins de couleur, un tapis doux et des tables basses fleuries. On se croirait dans un salon de thé. Mais on est bien dans un temple! Depuis septembre, les poufs ont chassé les bancs en bois au Temple de Plainpalais, sous l’impulsion de la pasteure Carolina Costa, qui propose un nouveau type de culte.

Un dimanche par mois, le lieu devient un grand salon modulable, «comme à la maison entre amis!» La première édition du «Sun Day» a réuni une cinquantaine de personnes en septembre, de l’adolescent au retraité, de l’ex-évangéliste à l’athée.

Prendre le micro et participer

La célébration de 1 h 45 débute après un café ou un sirop de cannelle. «Elle est plus participative qu’un culte traditionnel, chacun peut prendre le micro pour s’exprimer, il y a ensuite un temps de discussions en petits groupes autour d’un thème défini, un temps de méditation et beaucoup de chants», détaille Carolina Costa. Les enfants disposent d’une pièce pour jouer. En point d’orgue, un buffet canadien.

Ce rendez-vous se veut aussi totalement inclusif, la porte est grande ouverte aux athées comme aux membres de la communauté LGBTI. «N’importe qui souhaitant partager avec les autres est le bienvenu, et toutes les convictions sont accueillies, résume la pasteure. La spiritualité chrétienne est bien présente, simplement on la transmet dans son universalité et de manière contemporaine.» Enfin, c’est une liturgie dépoussiérée qui est présentée. «Quelqu’un qui ne connaît pas du tout la foi chrétienne pourra s’y retrouver, nous utilisons un langage qui ne demande pas d’être un initié pour le comprendre.»

Trois éditions ont déjà eu lieu. Et les échos récoltés laissent présager que ce nouveau culte a de beaux jours devant lui. Ainsi, un couple de retraités confie avoir apprécié que les paroles des chants soient projetées sur les murs, «ça a grandement aidé à chanter avec du cœur et de la joie». Une trentenaire revient, elle, sur le concept du LAB. «Ce nom me plaît, il signifie qu’on continue de discuter, de se questionner, qu’on a le droit de croire d’une autre manière. À l’heure actuelle, il y a tant de mouvements fondamentalistes qui cloisonnent, qui excluent.»

«N’importe qui souhaitant partager avec les autres est le bienvenu, toutes les convictions seront accueillies.»

Carolina Costa, pasteure

Un jeune de 18 ans, membre de l’antenne LGBTI, apprécie les discussions en groupes. Il relève tout de même avoir été un peu troublé au départ, «en raison de ces moments en petits groupes, de la pasteure en habits de tous les jours, et du fait d’être plus proche de la discussion que du sermon».

Enfin, un trentenaire confie encore avoir quitté son église il y a dix ans «car on m’avait fait croire que mon orientation sexuelle m’empêchait d’avoir une relation avec Dieu. Je ne pensais pas remettre les pieds dans une église de ma vie.» Lorsqu’il entend parler de cette célébration ouverte à tous, il se décide à rentrer à nouveau dans un temple. Et ne le regrette pas. Il relève notamment avoir été touché par la sincérité et la douceur des gens.

Plan d’actions pour les jeunes

Avec cette célébration atypique, inspirée d’exemples américains, l’Église protestante de Genève (EPG) poursuit la mission qu’elle s’est donnée en 2015: mieux s’adresser aux jeunes. Cette année-là, l’institution avait lancé un plan d’actions pour les 18 à 39 ans afin qu’ils puissent constituer leur propre communauté, organiser leurs événements et disposer d’un lieu qui leur soit propre, soit la chapelle du Temple de Plainpalais. Et redynamiser par la même occasion une paroisse sur le déclin. Le groupe LeLAB est né, Carolina Costa fait partie des pasteurs chargés de le guider. Depuis, la communauté a enchaîné les projets. Création d’une antenne LGBTI, organisation de repas, débats ou encore «Silent party».

La volonté de souffler un vent nouveau n’est pas l’apanage du temple de Plainpalais. Au temple de la Servette aussi on se renouvelle. Le pasteur Nicolas Luthi organise notamment des «cultes autrement», avec des thèmes – la série Game of Thrones, la mondialisation ou encore la culture kawai –, une équipe d’improvisation, un cor des Alpes… entre autres idées originales.

(TDG)

Créé: 13.12.2017, 22h15

Florilège de Noëls

Ce dimanche, le LAB organise un événement ouvert à tous, avec musiciens et buffet canadien. L’aumônerie de l’Uni et le pasteur Jean-Michel Perret déclinent aussi la fête, notamment avec un Noël ethno aux Bastions lundi 18 avec le chœur gospel universitaire, le 19 décembre dans le hall d’Uni Dufour, ou encore le 21 au Temple de Plainpalais avec des chants en gaélique, arabe, anglais. A.T.

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