Tariq Ramadan: «Ces actes contredisent absolument les principes de l’islam»

DébatL'islamologue suisse Tariq Ramadan s'exprime sur les attentats de Bruxelles, à l'occasion d'un débat sur la religion et les extrémismes.

Tariq Ramadan, islamologue suisse, a apporté son éclairage lors d'une conférence qui s'est tenue à la Pastorale.

Tariq Ramadan, islamologue suisse, a apporté son éclairage lors d'une conférence qui s'est tenue à la Pastorale. Image: EPA/SALVATORE DI NOLFI

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Comment la religion peut-elle contribuer à lutter contre les extrémismes? La délicate question posée par le Club suisse de la presse est tombée à pic mercredi, au lendemain des attentats commis à Bruxelles, revendiqués par le groupe Etat islamique. Des experts, dont l’habile islamologue suisse Tariq Ramadan, ont apporté chacun leur réponse, face à une petite assemblée réunie à la bien nommée Pastorale.

Premier à prendre la parole, Tariq Ramadan condamne les «événements de Bruxelles», tout en regrettant la plupart du temps être «appelé à intervenir après des crises». Le terrorisme? «Oui cela a à voir avec l’islam à partir du moment où le commanditaire ou l’auteur dit qu’il agit au nom de l’islam», affirme-t-il. Et de relever: «Ce qui est fait contredit absolument les principes de l’islam et ceux qui le font ont des agissements avec lesquels je ne suis pas d’accord, condamnant les actions mais jamais définitivement les hommes dans ce qu’ils sont, parce que je n’ai pas cette autorité.»

Le professeur d’études islamiques contemporaines à Oxford rappelle au passage faire l’objet d’une fatwa émise par Daech, le considérant comme dangereux car non musulman, «ce qui est cocasse car de l’autre côté, on dit que je suis dangereux car trop musulman».

On oublie trop de parler des raisons de la crise, souligne-t-il: «Je suis atterré de voir que trop souvent le politique nous dit qu’il faut plus de sécurité, sans se poser la question des raisons. L’une des raisons est religieuse, liée à l’extrémisme violent. Mais il y a d’autres choses: les considérations politiques.»

Avraham Burg, ancien président de la Knesset, le rejoint en condamnant les actes commis à Bruxelles, qui «nous touchent tous». Il embraye toutefois en confiant, avec les mots d’un vieil ami, ne pas partager ses propos. Fervent militant de la séparation des institutions religieuses et de l’Etat, il insiste: «Le sécularisme est la clé du succès.»

Ravi qu’un tel débat puisse avoir lieu, Michel Veuthey, professeur de droit international public à la Webster University, martèle aussi qu’on ne combattra pas l’extrémisme violent uniquement par des mesures de sécurité. «La religion peut jouer un rôle positif, estime cet ancien du CICR, comme inspiration et comme recours au respect. Mais aussi comme instrument pour combler les lacunes et signifier des refus.» Référence faite à la tentative de George W. Bush de changer la définition de la torture. A l’époque, des responsables catholiques, musulmans, indous avaient parlé d’une même voix pour s’y opposer.

Faisant un tour du monde des civilisations, portant des valeurs d’humanité permettant de réduire les violences, il lance un appel: «Nous devons apprendre de nos meilleures pratiques.» (TDG)

Créé: 23.03.2016, 21h54

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