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Tapi dans les pins, le fléau du printemps se réveille

Bardée de poils urticants, la chenille processionnaire est dangereuse pour la santé des humains et celle des animaux de compagnie.

Chaque chenille processionnaire possède jusqu’à 600 000 poils qui agissent comme des dards.
Chaque chenille processionnaire possède jusqu’à 600 000 poils qui agissent comme des dards.
Arnold Burgherr

Ils sont jolis, ces cocons laiteux que l’on voit parfois croître en haut des pins. Mais dans leur sein satiné dort un véritable fléau, qui se réveille au printemps. Prêtes à descendre le long des troncs en un mince serpentin hérissé de poils urticants, les chenilles processionnaires sont âprement combattues. Car une fois à terre, elles représentent un sérieux danger pour les humains, et davantage encore pour les animaux de compagnie.

Les chaleurs de ces derniers jours sont propices à cet exode récurrent et tant redouté, qui vient de commencer. «On a coutume de dire que quand les magnolias fleurissent, les chenilles processionnaires descendent des arbres. Mais la lutte contre ces insectes a commencé depuis longtemps», relève Jean-Gabriel Brunet, adjoint de direction au Service des espaces verts (SEVE) de la Ville de Genève. «Dès la fin de l’automne, on distingue bien les nids depuis le sol. Sur la base de données géolocalisées, nos équipes vont alors les couper ou installent des pièges.»

Des poils comme des dards

Il s’agit d’éliminer l’insecte à tout prix. Car chacun possède jusqu’à 600 000 poils qui agissent comme des dards. «En cas de danger, il les projette jusqu’à 2,50 mètres. Ces miniharpons peuvent se fixer sur la peau, créant de très fortes démangeaisons, voire pire», indique Philippe Basting, chef du secteur «arbres» au SEVE.

Les jeunes enfants, attirés par l’étonnant serpent, sont des proies faciles. «Les animaux de compagnie, particulièrement les chiens, sont davantage touchés, explique Jean-Gabriel Brunet. Souvent, ils lèchent leur blessure et les poils urticants contaminent alors leur langue et la nécrosent. Ce n’est pas beau à voir!» Les vétérinaires connaissent bien ce triste phénomène (lire encadré) à l’issue duquel certains canidés ont même perdu la vie.

Lutte tous azimuts

Les moyens de lutte sont multiples, de l’élimination biologique ou mécanique à la pose de nichoirs pour les oiseaux, telles les mésanges, friands de ces sales bestioles.

Le piège le plus visible consiste à poser sur le tronc une sorte de collerette munie d’un sac contenant du terreau (on peut en voir notamment dans le parc des Cropettes). Croyant aller s’enfouir sous terre, les chenilles, guidées par la collerette, finissent dans le sac. Il n’y a alors plus qu’à brûler ce dernier. Car cette cruelle destruction par le feu représente le moyen le plus sûr d’éliminer le diabolique serpentin.

Plus de 40 000 arbres

Pour les spécialistes du SEVE, les jours qui viennent sont donc placés sous haute surveillance. «Sans compter les forêts, on recense plus de 40 000 arbres, dont 5% de pins, sur le territoire de la Ville, détaille Philippe Basting. A cause des chenilles processionnaires, nous limitons la plantation de ces essences – surtout les pins noirs et d’Autriche – aux abords des écoles, des pataugeoires ou des parcs à chiens. Car plus il y a une concentration de pins, plus l’insecte est attiré.» Il faut aussi savoir qu’il existe une espèce de chenille processionnaire du chêne, moins répandue mais tout aussi dangereuse pour la santé.

La Ville n’est pas la seule à lutter contre ce fléau poilu. Les autres communes en font de même et la plupart publient d’ailleurs des mises en garde sur leurs sites Internet respectifs. Jean-Gabriel Brunet ajoute: «Nous envoyons aussi des courriers aux privés, car ils sont responsables de la destruction des nids sur leur propriété.»

En effet, chaque nid situé dans des zones hors des forêts doit être éliminé, le Canton l’a rappelé le 23 mars 2016, dans un rapport au Grand Conseil qui faisait suite à des motions (en 2012 et 2015) et une interpellation urgente (en 2014). «Mais la destruction d’un nid doit absolument être effectuée par un professionnel», insiste Jean-Gabriel Brunet.

Mais pourquoi ces satanées créatures descendent-elles des arbres à la queue leu leu (jusqu’à 300 individus à la fois)? Simplement pour aller s’enfouir sous terre afin d’y fabriquer leur chrysalide. Cette nymphose donnera alors naissance à de graciles papillons, futurs garde-manger pour des oiseaux et d’autres insectes…

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