Les syndicats dénoncent la compagnie Dnata

CointrinLe SSP et le SIT critiquent les mauvaises conditions de travail de la société de services aéroportuaires.

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Le torchon brûle toujours entre deux syndicats genevois et l’entreprise de services aéroportuaires Dnata. Des anciens collaborateurs aujourd’hui licenciés ont témoigné de mauvaises conditions de travail. La manipulation continuelle de bagages pesant souvent 30 kilos, et leur nombre, débouche sur des blessures ou des maladies. «Nous devons traiter chacun environ mille bagages par jour», indique un manutentionnaire, licencié en septembre 2018 après un congé maladie. Une vilaine tendinite lui a causé des douleurs vives au poignet. Ce bagagiste estime avoir sué sang et eau durant près de six ans pour un salaire très bas, d’environ 20 francs net de l’heure, et un statut précaire, celui d’auxiliaire.

Les syndicats ont répertorié des cas d’atteinte à l’intégrité physique d’employés. Ils citent un cas de déchirure du diaphragme, un autre de ligaments déchirés ou de hernies discales.

Pour Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical SSP, et Sandra Froidevaux, permanente du SIT, Dnata n’est tout simplement pas à la hauteur dans le domaine de la sécurité ou de la santé au travail.

«Ces cas sont scandaleux», tonne Sandra Froidevaux, qui a repéré par ailleurs des salaires d’à peine 18 francs de l’heure. Les syndicats réclament une CCT pour cette branche et s’étonnent que la société Dnata, in fine contrôlée par les richissimes Émirats arabes unis, puisse encore bénéficier d’une concession de la part de Genève Aéroport.

Les syndicalistes estiment que ces mauvaises conditions de travail contreviennent aux conditions générales imposées par l’aéroport à ses partenaires. Sur la base de ces informations, les syndicats estiment que Genève Aéroport doit dénoncer la concession dont bénéficie Dnata.

Par ailleurs, une réunion plus globale s’est tenue mardi sous l’égide de la CRCT (Chambre des relations collectives de travail). Cette entité est chargée d’arbitrer des conflits de nature collective. «Il est tout de même curieux qu’environ la moitié de ces litiges concerne le site de l’aéroport», s’étonne Sandra Froidevaux. De son côté, Jamshid Pouranpir estime qu’un climat serein ne sera pas rétabli tant qu’une CCT digne de ce nom ne voit le jour. Ce secrétaire syndical s’offusque aussi que des compagnies présentes à l’aéroport tentent de diviser les syndicats. Et le cas Dnata en devient, en quelque sorte, le symbole.

Pour sa part, Genève Aéroport s’étonne aussi que ces critiques syndicales soient formulées précisément le lendemain de la tenue d’une réunion censée apaiser le climat. Porte-parole de Genève Aéroport, Madeleine von Holzen indique que «tous les partenaires sociaux actifs sur la plateforme de Genève Aéroport et le conseiller d’État Mauro Poggia se sont rencontrés pour trouver comment améliorer les relations sociales sur le site et assurer ensemble le respect des lois de travail.»

La représentante du site aéroportuaire ajoute que les conventions de concession contiennent la clause stipulant que le concessionnaire doit avoir soit une CCT, soit s‘engager à respecter les usages. «Dans le cas d’espèce, nous ne pouvons que regretter qu’il n’existe pas d’usages pour les travailleurs auxiliaires, mais la définition des usages n’est pas du ressort de Genève Aéroport.»

Cheffe du personnel de Dnata à Genève, Élise Waringo n’a pas répondu aux critiques des syndicats. C’est pour le moins étonnant s’agissant d’une entreprise qui, de source syndicale, emploie 650 personnes à Genève. Quant au patron de l’entreprise, Guillaume Crozier, il était hier aux abonnés absents: il serait monté en grade, à Dubaï.

(TDG)

Créé: 06.12.2018, 07h29

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