Des syndicalistes fustigent des affiches «antipersonnel» des CFF

GenèveLe Syndicat du personnel des transports organisait une action dans les grandes gares de Suisse.

Les secrétaires syndicaux Christian Frankhauser et René Zürcher montrent l’affiche détournée dans le cadre de leur action, lundi à Genève.

Les secrétaires syndicaux Christian Frankhauser et René Zürcher montrent l’affiche détournée dans le cadre de leur action, lundi à Genève. Image: Laurent Guiraud

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Le Syndicat du personnel des transports (SEV) a peu goûté à une récente campagne d’affichage des CFF. Sur ces publicités, on voit notamment une passagère vanter les mérites de l’application permettant d’acheter les billets sur son téléphone: «Avec mobile CFF, je fais partie de l’équipe.»

De quoi faire bondir le secrétaire syndical René Zürcher: «Le conseil à la clientèle, c’est un métier.» Avec un certain humour, les représentants du personnel ont arpenté ce lundi les gares principales de Suisse en distribuant des tracts détournant la fameuse affiche: on y voit cette fois une employée, une passagère et un slogan en gros caractère sur fond rouge: «Pas besoin de mobile pour prendre le bon billet. Des collaboratrices et collaborateurs sont à votre disposition aux guichets des gares.»

À Genève, les syndicalistes constatent un brin déçus que l’affiche qui a provoqué leur courroux ne se trouve plus dans les couloirs. Qu’à cela ne tienne, leur message demeure «pour un service public de qualité grâce au personnel». Christian Frankhauser, le second secrétaire syndical présent à Cornavin, ajoute: «Avec les mesures d’économie, les CFF réduisent le personnel et contribuent à créer une insatisfaction au guichet en raison de la longueur des files d’attente, c’est un cercle vicieux», dit-il en commençant à distribuer les tracts.

Encore faut-il capter le regard des passagers souvent pressés, les yeux rivés sur leur téléphone. Ce n’est pas le cas de Marie-Paule, 83 ans. René Zürcher, lui, assure qu’il n’est pas rétif au changement technologique mais que les gens ont besoin de parler à quelqu’un au guichet: «Absolument, lui répond-elle. C’est important, j’aime aussi le contact avec les personnes. La Poste, les CFF doivent rester humains. Un point c’est tout!»

Contacté après l’action syndicale, Frédéric Revaz, porte-parole des CFF, réagit: «Nous regrettons que certains collaborateurs aient pu se sentir blessés par la campagne de publicité. Nous leur adressons nos excuses. Les CFF auront toujours besoin de l’excellent travail du personnel des guichets. Certes, nous vendons environ 90% des billets via les automates et l’application mobile. Mais cela ne remet pas en cause le travail du personnel des guichets, qui est indispensable, en particulier pour des conseils à la clientèle ou pour des billets compliqués.»

Créé: 27.05.2019, 17h52

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