Passer au contenu principal

La Suisse et la France s’unissent contre la pollution de la région

Un accord signé mardi à Palexpo prévoit quatorze mesures communes pour améliorer la qualité de l’air dans l’agglomération.

L’événement est organisé par l’agglomération transfrontalière du Grand Genève.
L’événement est organisé par l’agglomération transfrontalière du Grand Genève.
Nicolas Dupraz

C’est une première en Europe. Deux pays, la Suisse et la France, ont décidé de se fixer des règles et des objectifs communs pour réduire la pollution et améliorer la qualité de l’air à l’échelle d’une agglomération transfrontalière, celle du Grand Genève. Dans ce but, un plan d’actions concrètes a été élaboré, qui dépasse les différences de pratiques et de réglementations.

Un protocole d’accord a été signé ce mardi dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique, qui ont débuté ce même jour à Palexpo (lire encadré). Baptisé Pact’Air, ce document a été paraphé par les représentants de l’État et de la Ville de Genève, ainsi que par leurs homologues français et vaudois. Véritable outil de gouvernance transfrontalière, l’accord a répertorié les meilleures pratiques en vigueur de chaque côté de la frontière afin de les généraliser.

Circulation différenciée

Il s’agit par exemple d’étendre à Genève la circulation différenciée lors des pics de pollution. Cette mesure déjà effective en France oblige les véhicules les plus polluants, identifiés par un macaron, à rester au garage les jours de smog. À l’inverse, la France adoptera la méthode suisse de contrôle des installations de chauffage au bois, plus rigoureuse. Il est également prévu d’expérimenter une voie réservée au covoiturage à la douane de Thônex-Vallard.

En tout, quatorze actions sont programmées, dans les domaines des transports et du chauffage évidemment, mais aussi dans ceux de l’urbanisme, de l’agriculture, des chantiers et de la sensibilisation de la population. Les objectifs à atteindre ont été chiffrés: diviser par deux les émissions d’oxydes d’azote (NOx) et diminuer de 18% celles de particules fines d’ici à 2030 (par rapport aux valeurs de 2005). Les résultats seront suivis grâce à l’outil de modélisation et de cartographie des émissions de polluants G²AME (Grand Genève Air Modèle Émissions), déjà mis en place depuis 2015. Une application pour smartphones sera également développée afin d’informer le grand public sur la qualité de l’air au quotidien.

«L’air ne connaît pas de frontières», note Luc Barthassat, conseiller d’État en charge de l’Environnement et responsable du projet Pact’Air côté genevois. «Nous nous donnons aujourd’hui les moyens d’améliorer la qualité de l’air d’un territoire partagé.» Son homologue français, Jean Denais, président du Pôle métropolitain du Genevois français, souligne pour sa part la forte interdépendance franco-suisse dans le Grand Genève, particulièrement importante en matière de pollution. «Cela nous oblige à trouver des partenariats pour relever les défis communs.»

Coopération bienvenue

Relevant que la géographie du bassin genevois, entouré de montagnes, rend difficile la dispersion des polluants, le président du Conseil d’État genevois et du Grand Genève, François Longchamp, se félicite qu’on élargisse à la question de l’air la coopération transfrontalière déjà effective dans le domaine de l’eau. «Nous nous sommes aperçus lors de la crise dans la vallée de l’Arve il y a deux ans que nos actions en matière de pollution n’étaient pas coordonnées.»

Bruno Lechevin, président de l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), salue un accord unique par son ampleur – puisqu’il concerne un bassin de population d’un million d’habitants –, par ses objectifs ambitieux et par sa gouvernance transfrontalière. «Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres.» Le vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Éric Fournier, estime quant à lui que cet accord aura un rayonnement bien au-delà du Grand Genève: «Vous allez être une locomotive pour toutes les grandes agglomérations régionales. Le Grand Genève est un symbole de réussite par rapport aux politiques menées en matière de mobilité et d’urbanisation.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.