Qui a fait quoi? Succès et échecs des magistrats

Politique Entrés en fonction en juin 2018, les élus ont lancé leur législature et piloté leurs départements avec des fortunes diverses.

Le Conseil d'État au complet.

Le Conseil d'État au complet. Image: azzurromatto/E.Gastaldello

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Durant cette année, les magistrats n’ont pas chômé et leurs fonctionnaires les plus proches non plus. Il a fallu mettre en place leurs départements… puis les faire et les défaire avec leurs lots de liens hiérarchiques à ressouder et de pratiques à mettre en place. Qu’ont fait concrètement les sept magistrats, ici classés par ordre protocolaire?

Antonio Hodgers (Verts)

Président du Conseil d’État (Verts)

Les plus: l’élu a repris la présidence dans une période difficile. Touchant les dividendes de projets parfois anciens, son département tourne à plein régime avec des mises en chantier de logements record. Les moins: président réticent, il veut revoir cette fonction prévue pour cinq ans. Les attentes: donner un cap au Conseil d’État.

Serge Dal Busco (PDC)

Vice-président du Conseil d’État (PDC)

Les plus: il a réorienté la politique du Département des infrastructures en l’éloignant du tout à la voiture de Luc Barthassat. Il a récupéré à Berne des financements d’infrastructures compromis. Les moins: tempête à l’aéroport, difficile dossier du dépôt des TPG. Les attentes: la mise en place des mesures de mobilité liées à l’arrivée du Léman Express.

Pierre Maudet (PLR)

Conseiller d’État (PLR)

Les plus: la loi sur la laïcité, qu’il a défendue a été acceptée. Les moins: ses prérogatives ont été largement amputées. Il est un des facteurs de fragilité du Conseil d’État. Les attentes: qu’il sorte de l’impasse dans laquelle il se trouve.

Anne Emery Torracinta (PS)

Conseillère d’État (PS)

Privée des sports et de la culture, la magistrate se «contente» de l’instruction publique. Les plus: début de la mise en place de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans (FO18), qui a évité à 400 jeunes de décrocher. Les moins: très peu présente dans les débats généraux. Les attentes: adaptation de la FO18, rapprochement avec les besoins de l’économie.

Mauro Poggia (MCG)

Conseiller d’État (MCG)

Les plus: le magistrat semble tenir le choc d’un département augmenté par de nombreux services suite aux réorganisations successives. Les moins: on distingue mal ce qu’il entend faire de tout ce pouvoir en l’absence de réformes ambitieuses. Les attentes: une révision de la loi sur la police qui permettrait d’affiner le modèle.

Nathalie Fontanet (PLR)

Conseillère d’État (PLR)

Les plus: nouvelle venue, la magistrate a hérité des dossiers les plus chauds du moment, comme l’harmonisation fiscale ou la réforme de la caisse de pension; comme pour le budget, elle a su présenter rapidement des projets susceptibles de trouver des majorités. Les moins: il n’y en a pas car, pour l’heure, Nathalie Fontanet est la meilleure surprise de la législature; elle n’a pas tout gagné mais a toujours manœuvré avec beaucoup d’habileté. Les attentes: la réforme des salaires à l’État, révision en profondeur de la fiscalité immobilière, gestion des suites de la baisse de l’imposition des entreprises.

Thierry Apothéloz (PS)

Conseiller d’État (PS)

Les plus: acceptation du contreprojet à l’initiative sur les primes d’assurance maladie qu’il a défendu, initiative sur la culture. Les moins: longue gestation dans la construction de son département. Les attentes: effets concrets de sa politique de cohésion en milieu urbain, réforme de la loi sur l’aide sociale, de la gouvernance des communes, projet de nouvelle patinoire.

Créé: 24.06.2019, 06h47

Un collège qui ne ferait que gérer

De la gauche à la droite en passant par le MCG, tous les partis représentés au Grand Conseil évoquent un Conseil d’État «plombé» par l’affaire Maudet et désuni. Certains relèvent toutefois quelques raisons d’espérer.

«Il y a un avant et un après», commente Bertrand Reich, le président du PLR. Selon lui, l’élan initial s’est vite brisé. «On en est revenu à un fonctionnement en silos, sans vue d’ensemble.»

Cette critique d’un gouvernement dans lequel chacun travaille dans son coin revient souvent. «Ils ont un fonctionnement en vase clos et ne se préoccupent pas de ce que font les autres départements», note Vincent Maitre, député et président du PDC.

Le reproche de ne pas amener de nouveaux projets enthousiasmants est aussi fréquemment formulé. «Le bateau n’est certes pas en train de couler, mais le bilan n’est aujourd’hui pas satisfaisant», ajoute le PDC.

Députée et vice-présidente du Parti socialiste, Caroline Marti partage ce sentiment de déception. Elle ne juge également «pas optimal le découpage des départements, car déséquilibré». Elle critique celui, surdimensionné, confié à Mauro Poggia.

Le président du MCG applaudit au contraire la maîtrise dont fait preuve son magistrat. «Il est clairement devant tous les autres», estime Francisco Valentin. Globalement, concernant le collège, il ajoute «qu’on ne peut pas reprocher grand-chose aux conseillers d’État car ils ont présenté peu de chose».

Le jugement de Pierre Vanek, député d’Ensemble à Gauche, est au contraire sans appel: «On assiste au naufrage du Conseil d’État», explique-t-il.

Ce n’est pas le sentiment de Nicolas Walder, le président des Verts: «On sent évidemment que c’est difficile, mais il y a heureusement des dossiers qui avancent désormais mieux.» Lesquels? Il cite les transports, le social et l’environnement.

Enfin, dans un tout autre registre, Céline Amaudruz, la présidente de l’UDC, déplore l’image fortement dégradée de Genève à Berne et ses conséquences. «Nous n’avons plus aucune crédibilité, explique la conseillère nationale. Il est devenu impossible de faire passer des dossiers genevois à Berne.»

Pour elle, la perte de crédibilité est due, à l’origine, à l’affaire Maudet, mais il n’y aurait pas que cela: «La manière dont cela a été géré n’a rien arrangé et d’autres dossiers, comme celui de l’Aéroport, sont venus s’ajouter», conclut l’élue. E.BY

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