«Les stages de réinsertion, c’est du travail gratuit»

Aide socialeL’Association de défense des chômeurs dénonce des dysfonctionnements, mais aussi le principe même du stage.

L'Association de Défense des Chômeurs dénonce le travail gratuit encouragé par l'Hospice général.

L'Association de Défense des Chômeurs dénonce le travail gratuit encouragé par l'Hospice général. Image: DR

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Les activités de réinsertion (AdR) de l’Hospice général n’ont pas la cote auprès de l’Association de défens des chômeurs (ADC). Suivies par plus de 800 personnes chaque année, les AdR ne donnent en effet pas droit à une augmentation de l’aide financière, mais fournissent en revanche de la main-d’œuvre à des associations ou à des administrations publiques.

«Nous contestons cette forme de travail gratuit, a commenté lundi Alexandre Baljosovic, de l’ADC. Ces gens devraient être salariés. Sans eux, des secteurs de l’administration et des associations ne pourraient pas fonctionner.»

Association sanctionnée

La conférence de presse a également été convoquée pour dénoncer un cas particulier découvert par l’ADC. Une association employant nombre d’AdR (dix en 2017) a en effet été sanctionnée par l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (Ocirt) et est interdite de marché public jusqu’en 2022. Or cela avait complètement échappé à l’Hospice général avant que l’ADC n’intervienne. Averti en février 2019, l’Hospice a décidé de cesser de collaborer avec l’association il y a une semaine seulement. Quatre AdR qui ont débuté iront toutefois jusqu’au bout (six mois en principe). L’Ocirt a de plus assuré que l’Hospice vérifierait dorénavant que les employeurs sont en règle avec la législation et les usages avant de leur confier des AdR.

Si l’Ocirt publie la liste des entreprises sanctionnées, elle ne fournit en revanche pas les raisons précises de sa décision. Tout au plus sait-on, concernant cette association, que c’est «le non-respect des conditions minimales de travail et de prestations sociales en usage» (article 45 de la loi sur l’inspection et les relations du travail) qui en est la cause.

Un problème de fond

Lundi, Roger (prénom fictif) est aussi venu dénoncer les conditions de travail dans cette association: «Elles n’étaient pas bonnes, assure-t-il. C’est de l’esclavage moderne.» On comprend mieux sa colère et son désarroi lorsqu’il explique son parcours: «J’ai travaillé plusieurs années avec un statut précaire comme surveillant dans un collège, mais cela n’a abouti à rien. On ne m’a même pas accordé un 20%.»

D’autres personnes décrivent la même impression de tourner en rond et d’être baladées. «Ce n’est pas la loi sur l’insertion et l’aide sociale individuelle qu’il faut changer, c’est le marché du travail, un marché inaccessible à partir de 50 ans», conclut Marie (prénom fictif).

Créé: 17.06.2019, 19h27

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