Le stade des Charmilles peut achever sa mue

Parc publicUn parc apparaîtra en 2015 sur le site de l’ancien stade du Servette. Sa création sera le point final d’un vaste projet. Visite des lieux.

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Souvent annoncée comme imminente, la création du parc Gustave et Léonard Hentsch sur l’ancien stade des Charmilles se précise enfin. L’autorisation de construire cet espace de verdure a été délivrée il y a peu, de même que celle permettant la construction d’un immeuble le long du chemin des Sports, là où se dressait la tribune A du stade. Si aucun recours n’est déposé contre ces autorisations, elles entreront en force en septembre et le chantier s’ouvrira à l’automne. Visite des lieux avec Benoît Genecand, chef de projet.

Un parc tant attendu

Il ne reste désormais plus rien du stade dans lequel le Servette a joué durant près d’un siècle. En novembre?2011, ce qui était encore debout a été rasé. Environ 35?000?m2 seront aménagés en parc public. Fruit d’un accord datant de 1997, cet espace vert sera remis à la Ville de Genève, qui en assumera la gestion. «Il n’était pas possible de créer le parc avant d’avoir construit les bâtiments, explique Benoît Genecand. C’est pourquoi il faudra attendre la mi-2015 pour le voir entièrement fini.»

Entre-temps aura été construit, le long du chemin des Sports, un immeuble de 150 logements, muni d’un parking souterrain de 177?places (un autre parking en sous-sol est prévu le long de la voie ferrée). La Société Coopérative d’Habitation Genève (SCHG) proposera à la location 96 appartements, alors que 50 seront mis en vente en PPE.

La coopérative profite de l’opération pour tester un nouveau concept: les logements à mixité intégrée. Pour faire simple, 24 logements seront dotés d’une pièce supplémentaire qui pourra servir pour une activité économique ou se transformer en studio indépendant pour un membre de la famille.

Pic-Pic se mue en lofts

D’autres habitations sont prévues sur le site, mais pour une autre catégorie sociale. Dans l’ancienne usine Pic-Pic (fabrique d’automobiles), le long de la voie ferrée, les ouvriers s’affairent pour transformer les locaux en lofts et achever la surélévation d’ici à l’été 2013. Une trentaine de logements sont mis en vente. Pour un espace d’environ 200?m2, comptez tout de même environ 2 millions de francs! Pas de quoi décourager les amateurs, semble-t-il. «Près de 60% des lofts ont déjà trouvé acquéreur», confie Benoît Genecand. La construction d’une extension du bâtiment va également démarrer. Dans deux ans, 70 logements en PPE seront disponibles.

La visite ne serait pas complète sans un passage dans l’ancienne usine Tavaro, devenue Espace Hippomène en 2008 (un centre événementiel et culturel), ainsi que dans le bâtiment administratif Elna, qui abrite désormais la Banque Bénédict Hentsch après avoir été rénové. Une restauration qualifiée d’exemplaire en mars dernier par le Conseil d’Etat lorsqu’il avait décidé de classer l’édifice.


La Moulin à Danses n'est pas le bienvenu

Benoît Genecand, responsable du projet d’aménagement des Charmilles pour Bénédict Hentsch depuis 2008, répond à nos questions.

Le parc public est évoqué depuis 1997. Ce projet ne met-il pas trop de temps à se réaliser?

Si l’on part de 1997, c’est vrai que cela peut paraître excessivement long. Mais il vaut mieux prendre comme point de départ 2003, année du rachat des parcelles Tavaro par M.?Hentsch, qui a modifié la donne. Dès lors, une dizaine d’années pour réaliser une opération de cette envergure en plein centre-ville, cela me paraît assez normal.

Pourquoi vous opposez-vous à la venue provisoire du Moulin à Danses (MàD) dans le quartier?

Parce que nous sommes certains que la cohabitation entre le MàD et le bâtiment du chemin des Sports, ainsi que le parc lui-même, n’est pas possible. Je pense aux nuisances sonores et à l’utilisation du parc pour zoner après la fermeture du dancing. Toutefois, si on arrive à nous donner la certitude que le MàD ne restera effectivement que trois ans dans ce lieu, nous ne serons plus dans les opposants. Mais pour l’instant, nous ne l’avons pas…

Propos recueillis par E.BY (TDG)

Créé: 13.08.2012, 07h23

Les raisons d'un don

L’aventure du réaménagement de ce bout de ville débute en 1997 avec la décision de construire un nouveau stade de football à la Praille plutôt qu’aux Charmilles. Après des négociations avec la Ville de Genève, Bénédict Hentsch, président de la Fondation Hippomène, propriétaire des lieux, s’engage à donner le terrain à la commune. A la condition qu’il devienne un parc public.
La Fondation Hippomène avait été créée en 1943 par le banquier Gustave Hentsch et présidée par son fils Léonard (respectivement grand-père et père de Bénédict) dans le but de favoriser la pratique du sport à Genève. L’offre de donation à la Ville a permis de convaincre la commune de céder à l’Etat les terrains qu’elle possédait à la Praille afin de permettre la construction du nouveau stade.
Le projet de réaménagement aux Charmilles n’a toutefois pris sa véritable ampleur qu’en 2003, lorsque Bénédict Hentsch a acquis aux enchères les parcelles du site industriel de Tavaro, qui jouxtent le stade. En décembre 2007, le déclassement indispensable de l’ensemble de ces terrains – où se mêlent les glorieux passés sportif et industriel de Genève – est adopté par le Grand Conseil.
Dès lors, les choses se sont accélérées. L’opération (parc compris) devrait être bouclée à l’été 2015.
E.BY

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