Durant tout l’été, le sport a animé une trentaine de requérants

GenèveUne association a fait appel à des sportifs et à des bénévoles pour encadrer des adolescents pendant deux mois.

Melete Solomon (à dr.), fondatrice de l’Association des médiatrices interculturelles, et Rachel Debessay Bolle, une bénévole.

Melete Solomon (à dr.), fondatrice de l’Association des médiatrices interculturelles, et Rachel Debessay Bolle, une bénévole. Image: Pierre Abensur

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Daniel enchaîne une série d’exercices d’échauffement très techniques. Autour de lui, une vingtaine d’adolescents copie scrupuleusement ses gestes en suant. Melete Solomon et Rachel Debessay Bolle, de l’Association des médiatrices interculturelles (AMIC), supervisent la scène avec bienveillance.

La grande majorité des jeunes sont des requérants d’asile venus d’Erythrée. Durant les deux mois d’été, l’AMIC leur a proposé des activités sportives et ludiques le matin et l’après-midi. «On a fait de la course, de la natation, du bowling, du cyclisme, on est allé dans le Jura. Cela leur a permis de découvrir la région et d’éviter qu’ils restent au lit toute la journée. Car au-delà de la difficulté liée à leur parcours de vie, il ne faut pas perdre de vue qu’ils restent des adolescents», fait observer Rachel Debessay Bolle. Abel, l’un d’eux, confirme: «S’il n’y avait pas les activités, on resterait au lit à jouer avec notre téléphone et à aller sur Facebook.»

Melete Solomon, co-fondatrice de l’AMIC, est arrivée d’Erythrée comme réfugiée en 1980, à 16 ans. Pour encadrer les jeunes, elle a trouvé des «grands frères» au sein de sa communauté. Daniel est l’un d’eux. L’ex-champion d’athlétisme vit à Genève depuis un an, dans un abri PC. Tout l’été, il a entraîné ses compatriotes: «Je viens avant tout pour mieux les connaître, veiller sur eux, voir si certains souhaitent aller plus loin et les encourager. J’ai toujours couru chez moi et je cours ici pour mon bien-être et ma santé. Quand on vit sous terre et qu’on fait face aux incertitudes liées à notre demande d’asile, c’est dur.»

Bereher, ancien footballeur au sein de l’équipe de l’armée érythréenne, est un autre «grand frère»: «Chaque matin, je suis chargé d’aller les réveiller dans leur chambre au foyer puis je les accompagne faire du sport. Je le fais avec plaisir!» Ces coaches sont essentiels pour Melete Solomon: «La plupart des jeunes sont seuls ici, ils ont besoin d’exemples et d’images positives pour se construire.»

Nahom, âgé de 17 ans, est arrivé comme réfugié à Genève avec ses parents il y a sept ans. Depuis un an, il s’engage comme bénévole au sein de l’AMIC: «Quand je suis arrivé, à 10 ans, il n’y avait personne pour m’aider avec le français ou les maths et pendant l’été, je ne faisais rien. Je fais pour ces mineurs ce que l’on n’a pas fait pour moi.»

Seule une partie des 200 mineurs du foyer de l’Etoile s’est engagée à suivre les activités de l’AMIC cet été. Et les autres? Rachel Debessay Bolle hausse les épaules: «On est ouvert à tout le monde mais seuls les plus motivés ont participé.» Pour les féliciter, un repas de clôture est organisé ce vendredi, «l’AMIC a reçu un don, des baskets qui leur seront distribuées», se réjouit Melete Solomon. De quoi bien s’entraîner pour la course de l’Escalade.

Créé: 25.08.2016, 17h39

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