Qui sont les soutiens de l’initiative Barth?

Votations du 4 marsDes citoyens de plus de 45 ans. C'est le profil des membres de la société civile qui s’engagent pour l’initiative pour des Fêtes de Genève plus courtes, de sept jours maximum.

Beaucoup de riverains, excédés par les nuisances des Fêtes, adhérent à l’initiative de Jean Barth qui propose de réduire la manifestation à une semaine maximum et de déplacer les forains sur la plaine de Plainpalais.

Beaucoup de riverains, excédés par les nuisances des Fêtes, adhérent à l’initiative de Jean Barth qui propose de réduire la manifestation à une semaine maximum et de déplacer les forains sur la plaine de Plainpalais. Image: Laurent Guiraud

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Le soutien à l’initiative «Pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales» ne se résume pas à Ensemble à Gauche. Hors du milieu politique, des proches de Jean Barth ont créé huit groupements qui donnent leur position dans la brochure de vote du 4 mars. Souvent riverains excédés, ils adhèrent à l’idée de Fêtes réduites à une semaine et au déplacement des forains à Plainpalais. Si les femmes semblent surreprésentées, les jeunes manquent à l’appel.

«Les Fêtes dans leur forme actuelle ne m’intéressent pas et n’intéressent pas les citoyens de Genève», estime Pierrette Birraux, une militante des droits de l’homme à la retraite. Elle fait partie du Groupement d’habitants des Eaux-Vives. «On n’est pas contre des Fêtes en soi, mais on aimerait qu’elles soient d’une certaine tenue, et discutées avec les groupes culturels et les quartiers.»

Ivan Ruet habite rue de Lausanne. Ce chargé de production audiovisuelle de 48 ans se sent «directement concerné, car on vit déjà dans un stress permanent à l’année sur cette artère, mais pendant les Fêtes on atteint un niveau de trafic avec des files interminables de voitures. Il y a des pics de pollution, c’est irrespirable.» D’autres manifestations estivales ne sont-elles pas également responsables? «C’est vrai qu’il y en a pas mal, je m’arrange pour ne pas être dans mon appartement ces week-ends-là. En tout cas, l’initiative me semble raisonnable: elle demande à réduire, pas à interdire.» Et déplacer les forains à Plainpalais, n’est-ce pas prétériter les riverains de la plaine au profit de ceux des Pâquis? «C’est une question pertinente. Mais la plaine est dédiée à ce type d’infrastructures…»

En tout cas, Anne-Cécile Claret, 75 ans, réside à Plainpalais et penche pourtant en faveur de l’initiative. «Si elle passe, les Fêtes seront beaucoup plus courtes, donc ce sera supportable. Je ne sais pas si je suis une bonne interlocutrice pour parler de l’évolution de la manifestation car je n’y ai plus mis les pieds depuis des dizaines d’années, depuis que c’est devenu un bastringue pour les riches étrangers. Je n’ai même plus envie d’aller aux Bains des Pâquis à cette période pour ne pas avoir à traverser ça. J’ai confiance en Jean Barth, ce gars soulève des montagnes à lui tout seul.»

Une autre habitante des Pâquis, Myriam Fantazi, exprime son «ras-le-bol». «On nous vole la rade pendant les plus beaux jours de l’année. On a tous les dégâts, le bruit. Pendant les Fêtes de Genève, je prends mes vacances, elles m’obligent à partir.» Au-delà des nuisances concrètes, cette infirmière de 50 ans déplore aussi la symbolique. «Les saucisses-frites et les manèges, ça manque de classe, ce n’est pas une belle image pour la Genève internationale.» Elle cite Paris-Plage comme modèle. «Là, il y a un vrai concept culturel derrière. On veut quelque chose de plus sympa, on a fait des pétitions mais on ne nous entend pas. Ce que j’aime chez Jean Barth, c’est qu’il est apolitique, et que son initiative est citoyenne.»

«J’adore les Fêtes! indique en préambule Anne-Marie Burgy, 56 ans, active dans le secteur financier. J’ai connu les premières éditions. Malheureusement, je trouve que cela s’est beaucoup dégradé, surtout depuis la Lake Parade. Je suis peut-être trop vieille maintenant, mais à l’époque j’étais encore jeune adulte. Je suis sûre qu’on arrive à faire quelque chose qui plaît à toutes les générations.» Elle avoue avoir croisé des «jeunes fâchés» pendant la récolte de signatures. «Ils nous on dit: «Vous foutez tout en l’air, on s’emmerde à Genève!»

De fait, les personnes que nous avons interrogées ont toutes plus de 45 ans. L’initiative de Jean Barth ne convainc-t-elle donc pas les jeunes? «Mais on est encore jeunes! s’exclame l’initiant. Si vous parlez de gens de 25 ans, c’est normal qu’il y en ait moins dans mon réseau, car je m’entoure de personne avec qui j’ai partagé des luttes de longue date. Ensuite, aux heures où nous avons récolté des signatures, il y a peu de jeunes dans la rue: tout simplement, ils sont au travail. Les jeunes qui ont signé sont il est vrai fort minoritaires. Les plus motivés appartiennent au milieu culturel et artistique. On a fait de très bonnes récoltes vers la scène Ella Fitzgerald.»

Ce trou générationnel n’a sans doute pas de quoi mettre en péril l’initiative, sachant qu’en général, le taux participation aux votations reste inférieur de 15 à 20 points chez les 20-29 ans par rapport à la moyenne cantonale.

Créé: 28.01.2018, 16h33

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