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Soutien public à Laetitia, privée de rente invalidité

La jeune femme polyhandicapée se retrouve au coeur d'un imbroglio juridique sans fin.

Magali Girardin

Il y a d’abord eu la voie juridique (longue procédure et deux tribunaux saisis); il y a eu ensuite la voie médiatique (quatre pages dans le magazine L’illustré); il y a enfin la voie pétitionnaire, par le biais des réseaux sociaux, récoltant plus de 2000 signatures. Un combat de tous les jours, mené depuis six ans par la même famille. Pas étonnant qu’on la retrouve, elle et ses membres, sur le trottoir de la Vieille-Ville, ce jeudi en fin d’après-midi, à l’heure de la séance du Grand Conseil. Domenica, la mère combative, déterminée à aller jusqu’au bout – quitte à «me résoudre à faire la grève de la faim devant le Palais fédéral», annonce-t-elle – a préparé ce jeudi des enveloppes pour chaque élu passant devant sa fille, ses proches et elle.

Sa fille Laetitia, atteinte d’infirmité motrice cérébrale, majeure depuis cette année, est présente ses côtés, dans son fauteuil roulant de jeune femme polyhandicapée, habitant ce corps qui la fait souffrir sans répit, lui répondant par une volonté sans faille et un sourire réellement communicatif. Depuis sa naissance en août 1998, elle ne peut ni parler, ni marcher, ni non plus manger sans le recours à une sonde gastrique.

Lieu de résidence en cause

Malgré cela, Laetitia est privée de son assurance invalidité et de sa rente d’impotence depuis six ans. Conséquence: sa place dans l’institution Clair Bois au Petit-Lancy, qu’elle fréquente en externe depuis l’âge de 4 ans, est compromise, car, sans AI, elle ne peut pas la payer. En cause: le lieu de résidence de la famille. En déménageant en France, non loin de la frontière, dans une résidence secondaire offrant des espaces et un équipement adéquats – contrairement à l’appartement trop petit loué jusque-là dans l’immeuble du Petit-Lancy –, les parents se sont mis hors la loi aux yeux de l’Office de l’assurance invalidité de Genève, qui, après avoir mené son enquête, a dénoncé les faits. Or, plaident en retour les parents, «nous continuons à travailler à Genève et à payer nos impôts dans notre ville». Quant à leur fille, elle a noué de tels liens dans l’institution qui l’accueille depuis son plus jeune âge que l’en priver serait criminel.

La décision de l’AI semble irrévocable. Le recours devant le Tribunal fédéral ne donne rien non plus. D’autres démarches juridiques sont alors entreprises devant le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant. Elles sont en cours, mais cela prend un temps infini et les factures s’empilent sur la table familiale. Le conseiller d’Etat Mauro Poggia est à son tour interpellé dans un courrier. Il répond: «L’office AI du canton de Genève applique le droit fédéral selon des directives qui doivent assurer l’égalité de traitement et c’est à la justice d’apporter une réponse, que j’espère satisfaisante, à cette situation humainement douloureuse.» Il ajoute: «S’agissant de la pétition que vous m’avez envoyée, je vous suggère de l’adresser formellement au Grand Conseil genevois, qui se chargera de son traitement.» Message entendu. L’affaire est en train de prendre une tournure politique.

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