Le soutien au contre-projet est fragilisé

Fêtes de GenèveLa situation de crise sème le trouble dans les partis qui s’apprêtent à faire campagne pour la votation du 4 mars.

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(Photo d'archives). Image: Laurent Guiraud

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«C’était déjà compliqué sans cela, alors maintenant…» Les mots de Jean-Philippe Haas, conseiller municipal MCG, résument bien la situation. Suite aux annonces de Genève Tourisme concernant le déficit de l’édition 2017 (3,2 millions), le départ du directeur et du patron des Fêtes ainsi que la menace qui pèse sur l’édition 2018, les partis sont un brin abasourdis. En jeu: la votation du 4 mars, qui définira les Fêtes du futur. «Malgré tous les problèmes financiers, le groupe MCG ne va pas changer son fusil d’épaule. Nous militerons pour le contre-projet. Mais il faut reconnaître que cette crise constitue du pain bénit pour les initiants», regrette l’élu.

Lire aussi: Les déficits des Fêtes rebattent les cartes

Ce n’est pas Tobias Schnebli, conseiller municipal d’Ensemble à Gauche, qui dira le contraire. «Les derniers développements offrent un plateau d’argent à l’initiative», se réjouit-il. Rappelant que son groupe est le seul à soutenir le projet de Jean Barth, il voit dans la crise actuelle «une occasion à ne pas manquer pour donner un nouveau visage aux Fêtes. Mais aussi éviter une nouvelle débâcle financière en revenant à un concept plus populaire, proche des habitants, loin du gigantisme des dernières années.»

Pas si simple, explique en substance la conseillère municipale PLR Sophie Courvoisier. «Si l’initiative passe, cela conduira à un véritable démantèlement des Fêtes. On espère que les Genevois sont attachés à l’événement et qu’ils voteront en faveur des Fêtes.» Reste que le PLR ne semble plus si sûr de soutenir le contre-projet. «Au vu des derniers éléments, le PLR se pose la question de maintenir ou non sa position quant au soutien au contre-projet», stipule l’élue.

Du côté des Verts aussi, la prudence est de mise. «Le groupe du Municipal a voté pour le contre-projet, mais la section ne s’est pas encore prononcée. Elle le fera le 11 janvier», précise Marjorie de Chastonay, présidente des Verts Ville de Genève, rappelant que le parti souhaiterait «renforcer l’aspect participatif des Fêtes et reste sensible aux préoccupations des riverains, notamment en termes de nuisances sonores».

L’UDC, le PS et le PDC, tout comme le MCG, restent, eux, favorables au contre-projet. «Il s’agit du seul moyen pour que les Fêtes existent de façon pérenne», estime le chef de groupe PDC en Ville, Alain de Kalbermatten. Et d’insister sur «la nécessité que les touristes et les citoyens genevois puissent profiter des animations estivales, dont les Fêtes ne sont d’ailleurs pas le seul élément mais un élément essentiel».

Aux yeux du coprésident PS Ville de Genève, Sylvain Thévoz, l’initiative est de toute façon «trop radicale». Misant sur le «soutien populaire» à l’événement, il espère quant à lui que la crise traversée par Genève Tourisme entraînera «un sursaut des citoyens pour sauver les Fêtes». Il poursuit: «Les Fêtes de Genève ont une dimension cantonale, voire internationale. C’est au Canton de se réveiller. Ce n’est pas à la Ville de les porter.»

Plus direct encore, Éric Bertinat, conseiller municipal UDC en Ville de Genève, appelle «l’État à prendre ses responsabilités. On parle de 10 millions de déficit! L’État ne peut pas rester les mains dans les poches en disant que c’est de l’ordre du privé.»

Une analyse que ne partage pas Alexandre de Senarclens, président du PLR cantonal. «Il faut revoir le concept, le rendre viable, mais il faut faire avec les instances qui sont là. Il ne faut toutefois pas remettre en cause le fait qu’elles soient organisées par une fondation privée.»

De son côté, Nicolas Walder, président des Verts genevois, rappelle que Genève Tourisme touche la taxe touristique. «Quand l’État prélève une taxe et la redistribue, il faut qu’il s’assure que l’objectif soit atteint.» Il enfonce le clou: «Si cet argent sert à éponger les dettes des années précédentes, il y a un vrai problème!»

(TDG)

Créé: 19.12.2017, 21h58

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