Un sondage d'une association étudiante victime d'une attaque homophobe

Université de GenèveL'association des étudiants LGBTIQ+ a envoyé un sondage sur les toilettes neutres, qui a été saboté.

Le hall d'Uni Mail.

Le hall d'Uni Mail. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Mercredi dernier, Think Out, une association d’étudiants de l’Université de Genève (UNIGE), a publié un sondage visant à «connaître les besoins en matière de toilettes neutres» au sein de la communauté universitaire. Des toilettes qui ne seraient donc pas réservées exclusivement aux femmes ou aux hommes.

L’association, qui rassemble des étudiants LGBTIQ+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes ou queers) et amis, précisait que cela lui permettrait aussi «d’avoir des arguments de poids quand nous demanderons des solutions concrètes à l’administration universitaire».

Sondage remis en ligne

Quelques heures seulement après son envoi, le questionnaire a été diffusé sur un forum externe avec une incitation à le «troller» (ndlr: saboter). «En quelques minutes, des centaines de réponses homophobes, discriminantes, haineuses, parfois accompagnées de menaces ont été envoyées», a fait savoir la vice-rectrice de l’université, Micheline Louis-Courvoisier, dans un mail envoyé vendredi à tous les étudiants.

L’association a décidé de suspendre le sondage. Ce dernier était de nouveau accessible, de manière sécurisée et uniquement aux membres de la communauté universitaire, lundi après-midi. «Nous ne sommes pas découragés. Nous avons reçu énormément de messages de soutien», réagit la présidente de Think Out, Nelida Planamente.

«Incompatible» avec les valeurs de l'UNIGE

L’UNIGE «se réserve le droit d’agir par toute voie qu’elle jugera utile, au terme des investigations en cours». Elle appliquera «la tolérance zéro». Le contenu des messages adressés par le biais du questionnaire «est totalement incompatible avec les valeurs défendues par l’Université de Genève, fondées sur l’ouverture, la tolérance et le dialogue», insiste Micheline Louis-Courvoisier. Contactée, la vice-rectrice se dit «stupéfaite» et «attristée» par ces attaques. «À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’autres cas de ce genre», affirme-t-elle.

Concernant le fond du sujet, Micheline Louis-Courvoisier indique que l’université n’a pas pris position sur les toilettes neutres pour l’instant. «Le questionnaire est bien fait, il n’est pas orienté. Nous attendons le résultat du sondage, déclare-t-elle. Nous recevrons ensuite les étudiants et le rectorat se réunira pour prendre position.» (TDG)

Créé: 15.04.2019, 11h31

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