Une solution sur mesure pour les chauffeurs Uber

TransportL’assureur Zurich lance une offre flexible adaptée aux conducteurs. Une première qui pourrait relancer la question des statuts.

Capture d'écran du site de Zurich.

Capture d'écran du site de Zurich. Image: DR

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Partenariat inédit entre Uber et Zurich Insurance Group. Le principal assureur suisse propose depuis peu un abonnement spécial destiné aux chauffeurs utilisant l’application américaine, a appris la «Tribune de Genève». Une offre flexible qui se veut pionnière et qui pourrait offrir un début de solution à la question âprement débattue du statut des chauffeurs.

L’assureur propose aux chauffeurs Uber de ne payer l’assurance complémentaire pour le transport professionnel de personnes que pour les kilomètres parcourus avec Uber. Une offre que Zurich qualifie de «pay when you drive». «Zurich veut façonner le marché suisse de l’assurance avec cette approche pionnière», indique Robert Gremli, cadre de l’assureur. «La couverture «pay when you drive» est un excellent exemple qui montre que flexibilité et protection sont compatibles», renchérit Russell Corbould Warren, en charge des assurances en Europe pour le groupe états-unien.

Les chauffeurs à temps partiel sont toujours plus nombreux et, parmi ceux qui utilisent Uber, seule une minorité se connecterait uniquement à la plate-forme américaine. À Genève, une dizaine de sociétés proposent un service similaire à celui de la firme états-unienne, dans le sillage de la loi sur les véhicules de transport avec chauffeur (LTVTC), en vigueur depuis 2017.

Un statut qui fait débat

Uber finance depuis cet été une assurance auprès d’AXA en cas d’accident ou d’arrêt de travail à tous ses chauffeurs européens, sauf en Suisse. Les règles helvétiques lui feraient en effet courir le risque d’être qualifié d’employeur des chauffeurs.

À Berne et au sein de l’organisation Avenir Suisse, ils sont nombreux à débattre de la création d’un statut hybride, entre salarié et indépendant, pour les travailleurs de plate-forme. «Ce statut est le vrai sujet sur lequel Uber veut avancer», indique Alexandre Molla, patron de la société américaine pour la Suisse romande. «Je suis persuadé qu’il faut considérer les chauffeurs Uber comme des indépendants, mais je suis aussi persuadé qu’il faut améliorer leur protection et celle des travailleurs de plate-forme en général», dit-il.

Le statut des chauffeurs divise. La Suva (le principal assureur accidents de Suisse), le Secrétariat d’État à l’économie, un professeur à l’Université de Bâle et les syndicats estiment qu’Uber doit traiter les chauffeurs comme des salariés, ce qui doit leur garantir une meilleure protection sociale. Le groupe, soulignent-ils, détermine les prix des trajets (ils ont d’ailleurs été augmentés de 10% en juin), indique au chauffeur les lieux de la prise en charge de son client et sa destination, le rémunère et lui demande de choisir l’itinéraire le plus court.

L’indépendance est prisée

D’autres instances ont émis l’avis que les chauffeurs doivent être considérés comme des indépendants, vu qu’ils peuvent se connecter à Uber quand ils le souhaitent et qu’ils sont libres de travailler par le biais d’un intermédiaire différent. Dans un récent arrêt, le Tribunal des assurances sociales, à Zurich, estime que la Suva doit déterminer quelle entité d’Uber possède le statut d’employeur en Suisse.

Une étude commanditée par la firme américaine renforce le débat. L’institut de sondage Link indique que l’indépendance et le fait d’être son propre patron sont les principaux facteurs de motivation des chauffeurs Uber. Parmi les 578 chauffeurs sondés, 85% ont identifié ces raisons comme déterminantes ou importantes. De plus, s’ils avaient le choix entre être salariés ou indépendants, trois chauffeurs sur quatre opteraient pour le travail indépendant. Un quart des chauffeurs sondés étaient sans emploi avant d’utiliser Uber, et parmi eux, 39% étaient au chômage.

À Genève, 700 personnes ont le permis pour travailler avec Uber. Quelque 300 candidats à ce permis ont passé l’examen requis par la LTVTC en fin de semaine dernière. Pour travailler avec la société américaine à Genève, il faut passer le permis fédéral de chauffeur puis s’inscrire à celui du canton, un processus qui peut être long car il n’y a pas plus de deux sessions d’examens par an dans le canton.

Créé: 19.10.2018, 11h14

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