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La solidarité humaine s'exprime au balcon

La Fête des voisins en mode acoustique, par temps de confinement. C’était dimanche soir. Ce sera à nouveau demain ou après-demain, on l’espère.

Les Genevois ont applaudi le personnel de santé des hôpitaux depuis leur balcon, dimanche soir.

Elle a beau être née avec les réseaux sociaux, ces drôles de bruit d’humanité dans la nuit, dimanche sur le coup de 21h, ne lui disaient rien. Alors, elle est allée aux nouvelles en envoyant un message à sa mère. Les mères servent à ça, mettre des mots rassurants sur ce qui sort de l’ordinaire.

En commençant par chasser les fausses pistes: non, ma fille, ce n’est pas un convoi funéraire. Dans notre ville, on n’applaudit pas au passage des morts. Un événement sportif, un champion oublié? Les podiums sont vides, Les lumières du stade éteintes, les patinoires sans glace; dehors, l’herbe repousse, sans plus se faire piétiner par les chaussures à crampons.

Cette célébration spontanée, pour laquelle Internet a juste fixé, localement, l’heure du rendez-vous, en laissant à chacun la liberté d’en être ou pas, s’adresse aux compétiteurs d’aujourd’hui, des hommes et des femmes en blouse blanche, nos frères et sœurs soignants, tous membres de ce personnel de santé qui recrute large, en battant le rappel des vétérans.

Les champions, ce sont eux, engagés dans une course sans répit avec un virus envahisseur en forme olympique. Aux fenêtres et sur les balcons, pendant quelques minutes, des applaudissements nourris, mimant à leur manière haut perchée un parterre de théâtre à l’heure des saluts; des cris, des voix anonymes qui chantent a cappella, une chaîne sonore qui se forme et s’élargit aux dimensions de la ville.

L ‘éclairage est le même que dans une salle de concert, les écrans miniatures se répondent de façades en façades, les silhouettes sont jeunes et vieilles, à bonne distance les unes des autres, mais ensemble, oui, dans un bref moment de solidarité viscérale. Une fête des voisins par temps de confinement. Il faudra la répéter souvent.

On se sent moins seul avec sa peur sans âge, en écoutant chanter la doyenne de l’immeuble, dans sa langue à elle, un bel italien de cantatrice.

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