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Des soirées autour du cigare font tousser les antitabac

Des dégustations de cigares et d’alcools fins sont accusées de violer la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Un association antitabagisme déplore une certaine impunité pour les bistrots qui ne respectent pas l’interdiction de fumer.
Un association antitabagisme déplore une certaine impunité pour les bistrots qui ne respectent pas l’interdiction de fumer.
Keystone

Sous couvert de dégustation, des bars et restaurants chercheraient à contourner la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. C’est ce que soupçonnent les milieux antitabagisme à Genève. Président de l’association Oxyromandie, Pascal Diethelm a toussé en découvrant il y a quelques jours, dans sa boîte à lettres, un flyer annonçant une soirée de dégustation de cigares et d’armagnac dans un bar à tapas près de Rive. «Fumer dans un établissement public est illégal, même si c’est à l’occasion d’un événement ponctuel», tonne-t-il. L’association a dénoncé le cas à la Police du commerce et de lutte contre le travail au noir.

D’autres soirées de ce genre ont déjà été organisées dans divers établissements publics ces derniers mois. Pascal Diethelm déplore une certaine impunité pour les bistrots qui ne respectent pas l’interdiction de fumer: «En organisant des soirées occasionnelles, les tenanciers sont pratiquement sûrs de passer entre les gouttes, car il y a du laxisme de la part de l’Etat. Mais il faut faire respecter la volonté populaire, qui s’est clairement exprimée en votation pour l’interdiction de fumer dans les lieux publics.»

Sanctions jugées trop faibles

Le Dr Jean-Paul Humair, directeur du Cipret (Centre d’information pour la prévention du tabagisme) à Genève, estime aussi que la loi est trop douce pour les contrevenants: «Au pire, ils risquent une amende de mille francs, alors que dans d’autres pays, ils sont susceptibles de perdre leur autorisation d’exploiter. Mais la police du commerce a des ressources limitées et, visiblement, ce problème n’est pas une priorité pour elle.»

La porte-parole du Département de la sécurité et de l’Economie (DSE), Emmanuelle Lo Verso, rappelle que la seule exception à l’interdiction de fumer dans un établissement public est que celui-ci soit équipé d’un fumoir: «La loi ne prévoit pas le concept d’événement ponctuel», précise-t-elle. Les clubs privés font aussi exception, mais la privatisation d’un établissement public pour une soirée est interdite. «Un lieu public doit rester accessible au public. Aucun événement de ce type n’a jamais été autorisé.»

La version des responsables

Les responsables du bar à tapas en question assurent n’avoir pas violé la loi: «Il s’agissait de la présentation d’une nouvelle marque de cigares. Les personnes qui ont fumé l’ont fait sur la terrasse.»

L’affirmation est évidemment impossible à vérifier a posteriori, mais pour Pascal Diethelm, c’est de l’enfumage: «Il faisait très froid ce soir-là, je doute que les amateurs de cigares aient fumé leurs barreaux de chaise à l’extérieur.»

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