Les soins dentaires des Genevois ne seront pas remboursés

VotationsL'initiative proposant de créer une assurance cantonale a échoué. Une forte minorité l'a soutenue. Réactions

Mauro Poggia, conseiller d'État en charge de la Santé,lors du point presse du dimanche 10 février 2019.

Mauro Poggia, conseiller d'État en charge de la Santé,lors du point presse du dimanche 10 février 2019. Image: Magali Girardin

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Genève n'aura pas d'assurance dentaire cantonale. Les électrices et les électeurs ont refusé ce dimanche l'initiative «Pour le remboursement des soins dentaires» par 54,8% de non contre 45,2% de oui.

Le texte demandait la création d'une assurance dentaire financée en grande partie par des prélèvements paritaires entre employeurs et employés. Cette caisse aurait eu pour tâche de rembourser les soins dentaires de base.

Combien aurait coûté ce mécanisme? Et quels soins aurait-il concernés? L'incertitude sur ces deux points a certainement joué en faveur du non.

«Le catalogue des soins qui auraient été remboursés était mal défini, réagit Ivan Slatkine, président de la FER Genève et opposant de l'initiative. De même que le coût pour la collectivité: s'agissait-il de 150 millions? De 300 millions? Les initiants ont d'ailleurs tenté au dernier moment de revoir les charges à la baisse, ce qui montre bien que le mode de financement posait problème.»

Les initiants regrettent évidemment le résultat. Mais avec plus de 45% de oui, ils estiment avoir fait passer un message. «Les opposants ont fait campagne avec des moyens énormes, réagit Quentin Stauffer, du Parti du Travail. On a vu des dentistes apeurés à l'idée de devoir être transparents sur leur facturation. Ils ont mis des dizaines de milliers de francs dans la campagne.» Pour Quentin Stauffer, «l'urgence sanitaire demeure. Un Genevois sur neuf ne peut pas se payer les soins dentaires.»

Dentistes soulagés

Présidente de l'Association des médecins dentistes de Genève, Martine Riesen avoue son soulagement. «Les gens ne se sont pas laissé obnubiler par cette initiative dogmatique, à la mise en oeuvre très floue. Les dentistes font de la prévention depuis des dizaines d'années et ce système ne marche pas moins bien que dans les pays disposant d'une assurance dentaire.»

Une vision que ne partage pas la députée Marjorie de Chastonay (les Verts): «Les soins sont la deuxième cause d'endettement pour la classe moyenne. Le débat ne fait que s'ouvrir. La population n'était pas prête à franchir le pas, mais la question va continuer à mûrir. Par rapport à la campagne déséquilibrée et aux slogans fallacieux parlant d'une nouvelle taxe, nous avons fait un très bon score.»

Solutions ciblées

Ces 45% de oui, les dentistes les prennent eux aussi au sérieux. «Le résultat nous incite à faire encore plus d'efforts de prévention, estime Martine Riesen. Nous avons déjà proposé plusieurs projets, mais les autorités n'en ont pas voulu. Nous allons travailler encore plus pour imaginer des solutions ciblées visant à réduire le renoncement aux soins. Nous ne voulons pas laisser des gens au bord de la route.»

De son côté, le conseiller d'État en charge de la Santé, Mauro Poggia, promet aussi de tenir compte de ces 45%. «Cette initiative apportait une mauvaise réponse, en ne responsabilisant pas les habitants et en ouvrant la voie vers une LAmal No 2. Mais nous ne pouvons pas balayer les 45% de oui. Il faut renforcer la voie de la prévention, indique l'élu MCG. Nous allons étudier les moyens de le faire.»

Créé: 10.02.2019, 16h58

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