La Slutwalk fait la chasse aux images «volées»

FéminismeEnviron 400 personnes ont manifesté contre les violences sexuelles samedi. La traque aux photos non consenties a été tentée.

La marche attirée près de 400 féministes.

La marche attirée près de 400 féministes. Image: Keystone

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L’édition 2017 de la Slutwallk – Marche des salopes de son petit nom – a attiré près de 400 féministes, samedi après-midi, pour la grande majorité des jeunes femmes, mais également quelques hommes. Dénonçant les violences sexistes et sexuelles pratiquées par les hommes, ainsi que la culpabilisation des victimes, les manifestantes ont défilé, sous un soleil de plomb, depuis la plaine de Plainpalais jusqu’au parc Beaulieu en traversant tout le centre-ville.

Coloré, parfois bruyant, animé de femmes plus ou moins vêtues (une minorité en fait), le cortège n’est évidemment pas passé inaperçu. Et d’autant moins cette année qu’une petite polémique a éclaté sur la volonté des organisatrices de maîtriser les images de la manifestation prises dans la rue.

Journaliste pris à partie

En résumé, les photographes présents devaient demander le consentement des personnes avant de réaliser leurs images. Si, à notre connaissance, cette restriction n’a pas provoqué d’incident grave, elle a valu quelques scènes cocasses. Ainsi, un journaliste de la RTS a été pris à partie à la place Neuve à cause d’une photo.

Notre confrère, qui tentait surtout d’interviewer une manifestante, est resté abasourdi par la réaction de la foule. Le cortège s’est en effet figé au milieu de la place et a commencé à crier «casse-toi, casse-toi», jusqu’à ce qu’il s’écarte finalement à la demande d’un policier.

Badauds interloqués

Dans les Rues-Basses, le contrôle des images est devenu bien plus ardu, puisque ce sont les passants qui ont commencé à mitrailler. Mais une dizaine de femmes veillaient au grain, pistolet à eau ou parapluie en mains. Elles s’extrayaient sporadiquement du défilé pour aller demander aux importuns de cesser de prendre des photos.

Tout sourire, un homme «pris en flagrant délit» avouait ne pas bien saisir le raisonnement: «Si elles ne voulaient pas de photos, il ne fallait pas défiler dans la rue. Cela n’a pas de sens.»

Un féminisme radical

Pour le comité d’organisation, en tous les cas, cela a un sens: «On a toujours été un peu mal à l’aise par le rendu des photos prises lors de la Marche, expliquait samedi dans la Tribune de Genève Sarah Irminger, membre du comité de Slutwalk. Elles mettent souvent l’accent sur les femmes dénudées ou en tenues légères de manière racoleuse et voyeuriste. Alors que notre combat est la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et contre la culture du viol.»

Au vu des discours égrenés au fil de la manifestation et des slogans entendus, il est surtout clair que ce mouvement se revendique d’un féminisme radical et sans concession. Derrière cette volonté de contrôle des images, il y a toutefois une revendication plus basique et davantage audible. Elle dit: «Mon corps m’appartient, j’en fais ce que je veux et j’en montre ce que je veux, sans que cela vous donne le moindre droit».

(TDG)

Créé: 17.06.2017, 19h07

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