Les SIG en quête d’eau chaude sous le sol français

GéothermieDes camions vibreurs des Services industriels de Genève vont sonder le sous-sol en Haute-Savoie et dans le Pays de Gex.

C'est avec des camions vibreurs de ce genre que les Services industriels de Genève (SIG) vont prospecter le sous-sol français.

C'est avec des camions vibreurs de ce genre que les Services industriels de Genève (SIG) vont prospecter le sous-sol français. Image: Steeve Iuncker-Gomez

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les Services industriels de Genève (SIG) vont faire trembler la France! Lundi, ils ont lancé une nouvelle campagne de prospection géothermique du sous-sol, à la recherche d’eau chaude. Or, pour la première fois depuis le début de ces sondages il y a quatre ans, les camions vibreurs des SIG vont passer la frontière et déborder sur le territoire français.

Après avoir exploré la région d’Avusy, ils feront une percée d’environ 36 km en France voisine, dans le Genevois, ainsi qu’une incursion dans le Pays de Gex. Ils analyseront le sous-sol grâce à la technique dite de la «sismique réflexion». Cela consiste à propager des ondes vibratoires dans le sol, dont l’écho permet d’obtenir une image tridimensionnelle des couches géologiques.

Pour une vue d’ensemble

Le but est de mieux comprendre comment les failles identifiées du côté genevois se prolongent en France et se connectent aux aquifères. Les SIG avaient déjà prospecté dans le canton de Vaud, en Terre Sainte, en 2015, mais ils ne l’avaient encore jamais fait hors du pays. «Les ressources géothermiques ne s’arrêtent pas à la frontière, relève Michel Meyer, responsable de la géothermie aux SIG. Il faut connaître le système géologique du bassin genevois et la dynamique d’écoulement des eaux souterraines dans leur globalité, même si on ne veut les utiliser qu’en Suisse.» C’est d’autant plus important que la nouvelle loi genevoise en la matière, adoptée en 2017, exige une exploitation durable de ces ressources.

«Du côté du massif jurassien, nous avons déjà beaucoup de données grâce aux forages réalisés en 2016 par la Communauté de communes du Pays de Gex, ajoute Michel Meyer, mais au sud du canton, nous connaissons très mal la configuration du sous-sol.»

En Haute-Savoie, les autorités locales trouvent aussi leur compte dans cette campagne suisse de prospection en terres françaises. «Nos intérêts convergent, confirme Pierre-Jean Crastes, président de la Communauté de communes du Genevois. La géothermie est une énergie d’avenir, propre, et qui a l’avantage d’être disponible sans intermittence. C’est un atout pour notre région. De part et d’autre de la frontière, nous devons donc mieux connaître le sous-sol pour savoir où forer sans se tromper. Nous avons besoin les uns des autres, comme pour la gestion transfrontalière des rivières et des nappes d’eau.»

Les SIG financent en grande partie cette campagne de prospection, qui se déroule principalement en territoire genevois et dont le coût total est d’environ 1,5 million de francs. Ils ont déposé auprès de la Confédération une demande de subvention, qui pourrait couvrir les 60% de leur investissement. Les autorités haut-savoyardes, elles, participent à hauteur de 75 000 euros et se sont chargées de tous les aspects administratifs (demandes d’autorisations, etc.). Les données récoltées pourront être utilisées par les deux parties.

Cette collaboration transfrontalière pourrait même se prolonger avec une exploitation commune des ressources géothermiques identifiées. C’est encore de la musique d’avenir, mais ce n’est pas exclu. D’ailleurs, Français et Suisses coopèrent déjà au sein de la Communauté transfrontalière de l’énergie, créée en 2014. «On pourrait imaginer une cogestion franco-suisse, comme avec la nappe phréatique du Genevois, confie Michel Meyer. Les volumes d’eau chaude ont l’air largement suffisants pour satisfaire les besoins thermiques des deux côtés de la frontière. Mais pour les SIG, le but de cette campagne est avant tout d’approfondir nos connaissances du sous-sol, pas de mener des projets géothermiques en France.»

Chauffer 20% du canton

L’État a comme objectif de chauffer 20% du canton avec la géothermie d’ici à 2035. Un premier forage exploratoire, démarré il y a un an à Satigny, est descendu jusqu’à 744 mètres de profondeur, où on a trouvé de l’eau à 33 degrés et d’un débit de 50 litres par seconde, qui pourrait couvrir les besoins thermiques de 2000 à 3000 ménages.

Créé: 25.10.2018, 16h51

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Toujours pas de vert au Conseil fédéral
Plus...