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Seul Maudet peut sauver Genève!

Le PLR ne pouvait imaginer pire issue de son assemblée générale. Le parti est coupé en deux, plus profondément que jamais dans la longue histoire des radicaux et libéraux. Pierre Maudet, dopé par le vote de soutien de 48% des membres présents, a retrouvé une assurance, à défaut de légitimité, qui l’a poussé à repartir sabre au clair contre ses ennemis jurés.

Mercredi, il a donc ouvert les hostilités contre le Ministère public en exigeant la révocation du procureur général Olivier Jornot et des deux autres procureurs chargés de l’affaire Maudet. C’est de bonne guerre. Mais avouons tout de même que cette mise en demeure du judiciaire par l’Exécutif est pour le moins incongrue en régime de séparation des pouvoirs. Dans le monde de Maudet, Machiavel l’emporte sur Montesquieu.

L’affaire pourrait en rester là. Mais évidemment le cas Maudet a des implications infiniment plus graves. Qui, à part quelques farfelus à la botte du capitaine M, ose contester que le gouvernement est en péril, que les institutions sont menacées par les dysfonctionnements et que les tâches essentielles de l’État sont négligées? Comment des fonctionnaires soumis à des doubles, voire triple allégeances peuvent-ils encore opérer avec un minimum d’efficacité?

On sent le Conseil d’État à bout de nerfs. Son président, Antonio Hodgers, ne cache plus son exaspération. Le bricolage de circonstance à la tête de l’Exécutif ne peut plus durer.

Pierre Maudet, par sa seule et unique faute, est devenu un magistrat fantoche et fantôme. Genève et sa classe politique sont gravement décrédibilisés aux yeux de la Suisse entière. Jamais affaire romande n’a eu autant de répercussions outre-Sarine. Elles sont désastreuses pour notre image et notre place dans la Confédération.

Le reste du pays ne comprend définitivement plus l’entêtement égotique, suicidaire et destructeur de Monsieur Maudet à se maintenir en place, et encore moins que notre super Pinocchio ait obtenu le soutien d’une majorité du PLR genevois. Comment leur expliquer?

Le constat s’impose: Pierre Maudet est désormais toxique pour Genève. Il ne travaille plus pour l’État mais contre lui.

À la Matinale de la RTS, sa maîtrise de soi est confondante. Après les mensonges, place aux vérités tronquées. Tentant de surfer sur l’affaire des notes de frais en Ville de Genève, il insiste ainsi régulièrement et depuis des semaines sur le fait que son affaire «n’a pas coûté un sou au contribuable». Vraiment? Depuis le 11 mai, combien de temps Pierre Maudet, privé d’une grande partie de ses compétences, a-t-il consacré à gérer sa défense dans une affaire dont il est le seul responsable? Quarante, cinquante pour-cent? Probablement bien au-delà.

Toujours est-il que le contribuable paie ses magistrats pour gérer les affaires de l’État et non pas pour s’extraire du bourbier personnel dans lequel l’un d’eux se serait enlisé. Payé à 100%, le conseiller d’État PLR n’assure même plus la moitié de ses tâches. En réalité, Monsieur Maudet induit des coûts injustifiés singulièrement plus élevés pour le contribuable que la note de frais annuelle aussi choquante qu’extravagante du plus dépensier des conseillers administratifs en Ville de Genève.

À tous les niveaux, Pierre Maudet se montre indigne. Il a fini par le reconnaître! Il reconnaît aussi qu’un conseiller d’État se doit d’être exemplaire tout en se hâtant d’ajouter que l’homme n’est pas infaillible, ce qui est censé l’excuser. Il demande un pardon que lui-même, en regard de ses propres standards affichés, n’aurait jamais donné.

Le seul et unique geste digne de la part du magistrat consisterait à quitter sa fonction. L’enjeu de cette affaire n’est pas Pierre Maudet, mais bien l’avenir de Genève.

Face à tant d’entêtement, il appartient au Grand Conseil de statuer à ce sujet et au Conseil d’État de placer l’enfant terrible du PLR au pied du mur. Sans ménagement. Mais l’ironie de l’histoire veut que le fossoyeur du gouvernement genevois est le seul à pouvoir sauver Genève de l’ignominie et des blocages. En partant maintenant.

Le seul et unique geste digne de la part du magistrat consisterait à quitter sa fonction

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