Serge Dal Busco en appelle à la responsabilité des partis

Budget 2018Le ministre des Finances s’inquiète de velléités de charger le budget, ce qui mettrait en péril la fragile majorité parlementaire actuelle.

Séance du Grand Conseil (photo d'illustration).

Séance du Grand Conseil (photo d'illustration). Image: Laurent Guiraud

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Le projet de budget 2018 passe son grand oral jeudi et vendredi devant le Grand Conseil. Remanié en Commission des finances, le projet a trouvé une courte majorité parlementaire formée des élus PDC, socialistes, Verts et MCG. Mais cette alliance ne tient qu’à un fil et pourrait s’écrouler si, comme Serge Dal Busco le craint, une autre majorité plus marquée à gauche aggravait le déficit (aujourd’hui de 186,4 millions).

Serge Dal Busco, dans quel état d’esprit abordez-vous ce débat budgétaire?

Nous avions déposé un projet de budget après avoir énormément travaillé pour contenir l’augmentation des charges à 1,9%. En tant que ministre des Finances, je dois veiller à maintenir une discipline budgétaire. Ce fut le cas ces dernières années avec des mesures d’efficience et une baisse de la dette de 900 millions au prix de gros efforts. Or le passage en Commission des finances a alourdi les charges, qui croîtraient désormais de 2,5%. J’estime qu’on est à la limite supérieure de ce qui est admissible. Néanmoins, s’il y a une majorité parlementaire pour cela, le Conseil d’État pourra vivre avec.

Autrement dit, est-il exclu de toucher à ce fragile équilibre?

Il est hors de question d’aller au-delà. S’il devait y avoir des velléités de dernière minute de charger le bateau, ce serait inacceptable et mettrait en danger la majorité parlementaire qui a approuvé le projet en commission. C’est pourquoi j’en appelle au sens de responsabilité de tous les partis. L’électoralisme a ses limites. Il est certes souhaitable d’avoir un budget, mais il ne doit pas être déconnecté de la réalité économique et financière.

Mais le Conseil d’État a lui-même dû déposer un projet de budget très déficitaire.

Il n’est jamais facile de défendre un budget déficitaire, mais nous avons estimé pouvoir le faire car la conjoncture économique devrait s’améliorer et que nous avons fait le travail pour contenir les charges. Par contre, si une majorité du Grand Conseil aggrave encore le résultat, cela n’ira pas. Notamment parce qu’on ne peut pas imaginer que la majorité actuelle tiendra envers et contre tout. Et parce que, au final, on finit toujours par payer la facture.

Que pourrez-vous faire si de nouvelles dépenses sont votées?

Si la situation est aggravée, le Conseil d’État se réserve la possibilité d’agir en conséquence. Il est de toute façon fort probable que, dans ce cas, il n’y aura plus de majorité pour soutenir le budget. Et, par conséquent, qu’aucun nouveau poste ne sera créé en 2018, entre autres ceux qui étaient destinés à l’Instruction publique. (TDG)

Créé: 13.12.2017, 19h37

Sous-traitance mieux cadrée

Le Conseil d’État a établi de nouvelles règles pour empêcher les cas de sous-traitance abusive et de dumping salarial sur les marchés publics. Elles sont la traduction dans un règlement d’une modification législative adoptée récemment par le Grand Conseil.

Désormais, les entreprises qui ont obtenu un marché public non soumis aux traités internationaux devront également répondre du respect des obligations de leurs sous-traitants. Elles pourront être sanctionnées pour les manquements de ceux-ci par rapport à la protection sociale des travailleurs et aux conditions de travail.

De plus, le nouveau règlement interdit les chaînes de sous-traitance, sauf dans les cas où la délégation d’une partie du travail est justifiée par des raisons techniques ou organisationnelles. «Le but est d’éviter que l’autorité adjudicatrice perde le contrôle des entreprises participant à l’exécution du marché», a expliqué mercredi le conseiller d’État Serge Dal Busco.

Enfin, une entreprise devra justifier d’au moins trois années d’existence avant de pouvoir participer à une soumission pour un marché public. Une décision prise pour lutter contre les faillites en chaîne.

Des critères sociaux pour les adjudications ont également été ajoutés dans le même règlement sur la passation des marchés publics. «Il sera ainsi possible de tenir compte de l’engagement social des entreprises lors d’une soumission», a précisé le conseiller d’État Mauro Poggia.

L’idée est de favoriser celles qui recrutent des demandeurs d’emploi ou des personnes en situation de handicap. E.BY

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