Serge Bugnon fait rouler ses «cuisines»

PortraitCe maître ferblantier est le président de Dek'Onex, l'une des deux Guggenmusik genevoises.

Comme d’habitude, Serge Bugnon jouera de l’euphonium samedi, lors de la prestation de Dek’Onex au Molard.

Comme d’habitude, Serge Bugnon jouera de l’euphonium samedi, lors de la prestation de Dek’Onex au Molard. Image: Georges Cabrera

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Le président de Dek’Onex l’affirme, «la Guggenmusik ce n’est pas du bruit, mais de la musique»! Pour s’en rendre compte, Serge Bugnon invite le public à la place du Molard, le samedi 28 janvier. Le groupe onésien s’y produira afin de récolter des fonds pour l’association Zoé4life, qui vient en aide aux enfants atteints de cancer et à leurs familles. Pour l’occasion, les pompiers d’Onex (dont le commandant est un ancien du Dek’Onex) donneront un coup de main aux musiciens.

Vous avez dit musiciens? «Absolument, reprend Serge Bugnon. Les 90% de nos membres ont appris le solfège, nous écrivons nous-mêmes nos morceaux et nous répétons tous les mercredis.» En concert, la performance est de taille. «Nous ne lisons pas de partition, chaque morceau est appris par cœur, enchaîne-t-il. Vous savez, la Guggenmusik a beaucoup évolué. Tout comme notre groupe, qui compte désormais 35 musiciens, dont de nombreux jeunes arrivés l’an passé.»

Cuivres et percussions

La Guggenmusik, c’est avant tout une affaire de carnaval. Le Dek’Onex, premier groupe du genre créé à Genève (il y en a un autre aujourd’hui, au Grand-Saconnex), est d’ailleurs né avec le carnaval d’Onex, en 1993. Dans ces fanfares ambulantes, cuivres et percussions se déclinent. Parmi le petit groupe qui se réunit chaque semaine à l’école des Tattes, on retrouve ainsi six à sept batteries, avec grosses caisses et tambours. «Elles sont sur roulettes», précise le président. On les appelle les «cuisines». Pour les accompagner, une dizaine de trompettes, huit trombones ainsi que cinq sousaphones (sorte de gros tuba-contrebasse) et six euphoniums, l’instrument de prédilection de Serge Bugnon. Qui assure: «Quand on est tous là, c’est magnifique!»

L’âme de ce type d’orchestre, c’est évidemment la fête. «On joue fort et on est des bons vivants», confirme le boss de Dek’Onex. Lui-même a rejoint cette Guggenmusik un an après sa création, en 1994, «quand on a lâché le foot, mon frère et moi», précise cet ancien gardien de but qui a passé vingt ans au sein du FC Onex.

Question musique, ce père de famille, dont les deux filles ont rejoint les rangs de Dek’Onex, n’en était pas à son coup d’essai. Enfant, il jouait du saxophone au sein de l’Ondine genevoise. De là à passer à la Guggenmusik… «Mais je voue une vraie passion pour cette musique, pour l’ambiance comme pour la qualité, note ce maître ferblantier, qui vient de reprendre une entreprise de toiture. Il ne se passe pas un jour sans que j’écoute un morceau de Guggenmusik, et je me déplace régulièrement pour aller voir des groupes.»

Le rêve lucernois

Le Dek’Onex aussi voyage, avec tambours et trompettes. Car Genève, canton protestant sans véritable carnaval, ne lui offre que peu d’occasions d’astiquer ses cuivres. Alors les musiciens onésiens, déguisés comme il se doit, se produisent ailleurs en Suisse romande – notamment à Moudon, le carnaval où il faut être absolument, selon Serge Bugnon – et traversent parfois la Sarine. La Suisse alémanique raffole en effet de la Guggenmusik. Avec Lucerne comme capitale. «Là-bas, lors du carnaval, une centaine de groupes se produisent dans les rues. C’est un truc de fou!» lance le président, visiblement admiratif. Et pour cause: «Je rêve qu’on se produise un jour sur les fameux escaliers de l’Hôtel de Ville…»

En attendant, c’est sur les pavés du Molard que Dek’Onex va souffler un air de fête. Avec, à la clé, un nouveau costume «très coloré, mais je n’en dis pas davantage», glisse Serge Bugnon. Avant de se rendre, notamment, au Cherusgaelti le 11 mars, à Gelterkinden (Bâle), où une trentaine de groupes se produisent sur six scènes différentes! Puis de préparer le quart de siècle du groupe, en 2018, où le président espère «emmener tout le monde jouer à l’étranger». (TDG)

Créé: 23.01.2017, 17h37

Bio express

1965 Naissance à Genève le 8 mars. Il suit ses écoles à Onex.

1990 Mariage. Deux filles naîtront de cette union, Camille et Mégane, qui jouent toutes deux aujourd’hui au Dek’Onex.

1991 Maîtrise de ferblantier. Aujourd’hui, il dirige une entreprise de toiture à Jussy.

1993 Premier Carnaval d’Onex, création de Dek’Onex.

1994 Serge Bugnon intègre la Guggenmusik onésienne, qu’il dirige de 1998 à 2016.

2016 Il prend la présidence de Dek’Onex.

28 janvier 2017 Dek’Onex se produit sur la place du Molard, afin de récolter des fonds pour l’association Zoé4life.

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