La sécurité routière sera enseignée par des professeurs

EducationDepuis quarante ans, des juristes dispensent l’éducation routière aux élèves. Ce sera désormais la tâche des maîtres de droit.

Cours d'éducation routière

Cours d'éducation routière Image: Philippe Maeder

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Les professeurs de droit enseigneront désormais l’éducation routière. Le Département de l’instruction publique (DIP) a effet décidé de supprimer le recours à des intervenants externes. La mesure est critiquée par l’Union du corps enseignant secondaire genevois, le TCS ainsi que des juristes.

Depuis près de quarante ans, les cours d’éducation routière au secondaire II – une heure annuelle pour les élèves de dernière année – sont dispensés par des spécialistes externes, essentiellement des juristes. Mais dès la rentrée, cette tâche incombera aux enseignants de droit. Une aberration, pour Roland Burkhard, avocat et responsable de la coordination de l’éducation routière au secondaire II, qui regrette la disparition «d’un système qui fonctionne bien». «Nous bénéficions d’une longue expérience, de compétences pédagogiques et d’une expertise sans cesse mis à jour pour faire prendre conscience aux jeunes de leur responsabilité en tant qu’usagers de la route.»

Il explique encore qu’un tel cours ne se limite pas aux aspects liés au droit strict, «c’est plus que cela, on doit aborder l’accidentologie, on met l’accent sur la prévention ainsi que sur la psychologie du comportement (alcool, drogues, entre autres)». L’avocat craint que ce module ne finisse par être réduit, par manque de temps et de manque de formation des enseignants, «à un simple cours sur la loi sur la circulation routière et le retrait de permis».

Au DIP, on explique considérer les cours de prévention routière comme une discipline à part entière. «Et donc ils doivent répondre aux mêmes exigences de qualité que les autres cours, à savoir être donnés par des spécialistes tant de la matière que de la pédagogie», indique Pierre-Antoine Preti, porte-parole. Cette décision est-elle aussi motivée par l’optique d’économies? «Ce changement sous-entendra une légère économie, mais ce n’est pas notre premier considérant.»

Les professeurs devront enseigner une fourchette de deux à quatre heures annuelles. Des conférences et des ateliers sur le sujet seront également organisés. Quid d’un surcroît de travail pour les maîtres? Le porte-parole assure que «ceux qui dispenseront ces cours le feront en respect de leurs heures d’enseignements». Des temps de formation sont également envisagés, «mais les maîtres ont suivi un cursus éprouvé, il peuvent dispenser un cours de droit dans toutes les catégories, dont la prévention routière.»

Pierre-Antoine Preti conclut: «Laisser croire que des avocats issus d’études auraient des compétences supérieures à nos propres professeurs de droit est un non-sens, ils ont une formation professionnelle adaptée aux exigences de l’enseignement contrairement aux avocats du privé.»

(TDG)

Créé: 15.03.2017, 17h30

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