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Le scrutin sur Internet s'est bien déroulé

Le déchiffrement de l'urne électronique a eu lieu à l'Hôtel-de-Ville. Le canton demeure un pionnier du e-voting, en Suisse et dans le monde, depuis 2003.

18 231 électeurs se sont prononcés en ligne. Les résultats se trouvent dans cette clé USB entourée d'un sceau rouge.
18 231 électeurs se sont prononcés en ligne. Les résultats se trouvent dans cette clé USB entourée d'un sceau rouge.
Steeve Iuncker-Gomez

À l'Hôtel-de-Ville, la salle des Fiefs est remplie ce dimanche de deuxième tour des élections au Conseil d'État. Une vingtaine de personnes sont assises autour d'une table sur laquelle se trouvent quatre ordinateurs portables. D'un côté, la chancelière, le président de la Commission électorale centrale - une quinzaine de commissaires surveille tout - et le président de la séance, celle du déchiffrement de l'urne électronique. De l'autre côté, un écran affiche ce qui se passe sur les ordinateurs.

Un notaire et un officier remettent des enveloppes scellées munies de codes et de clés USB, indispensables pour accéder aux résultats. Le président de la séance lance les opérations, il est neuf heures. On ouvre les fichiers, déverrouille les clés, procède à des tests fictifs pour vérifier que tout fonctionne. Des captures d'écran sont saisies, autant de traces du bon déroulement du scrutin.

À 9 h 41, une enveloppe contenant les résultats - dont une clé USB entourée d'un sceau rouge - est transmise à un policier qui la remettra à midi pour les résultats généraux. Ils doivent être annoncés à 12 h 45. Sur Internet, 21 705 personnes se sont prononcées: 18 231 électeurs et 3474 votes tests effectués pour vérifier la fiabilité du système.

133e scrutin de CHVote

Tout est rôdé. Il s'agit tout de même du 133e scrutin électronique du système genevois CHVote depuis le premier, en janvier 2003 à Anières, et de la 51e utilisation de CHVote dans le canton. Et la sixième fois que la totalité de la population genevoise peut se prononcer en ligne.

Au premier tour des élections au Grand Conseil et au Conseil d'État, le 15 avril, 16,4% des votants s'étaient exprimés sur Internet, 76,1% par correspondance et 7,5% au local de vote, des chiffres dans la moyenne (parmi les Suisses de l'étranger, la majorité opte pour le Web). En ligne, les électeurs avaient jusqu'à samedi midi pour se prononcer, une échéance qui pourrait à l'avenir être repoussée de quelques heures. L'influence sur le taux de participation pourrait être importante car un grand nombre d'électeurs se prononce à la dernière minute.

Sur le front du e-voting, le canton est un pionnier. Le 19 janvier 2003, le monde assiste à une première à Anières: une autorité politique organise un vote en ligne. La presse internationale suit de près. Quinze ans après, Genève demeure aux avant-postes, en Suisse comme ailleurs. Dans la plupart des cantons, on ne vote pas sur le Web. Aux États-Unis, non plus, on évite. Les pirates informatiques refroidissent les ardeurs.

Mutualiser les coûts

La Toile a pourtant bien des avantages. «Voter sur Internet permet d'éviter les bulletins nuls parce que mal remplis (ndlr: entre 2% et 3% des bulletins de vote papier sont annulés en moyenne pour cette raison), un dépouillement plus rapide, ça ne génère aucun frais de timbre pour les Suisses de l'étranger», indique Christophe Genoud, vice-chancelier d'État. «Aucun incident lié à des hackers n'a été recensé jusqu'à présent», relève-t-il.

Les menaces ont néanmoins une incidence sur les coûts. En 2016, 4,7 millions de francs ont été octroyés pour poursuivre le développement de CHVote, un système qui emploie une douzaine de personnes.

Propriété du canton, CHVote amortit ses frais en s'exportant, à Lucerne, Berne, en Argovie et à Saint-Gall. Le canton de Vaud, qui ne s'est encore jamais frotté au e-voting, s'y essayera en fin d'année, avec l'outil du bout du lac.

Marché disputé

«Que CHVote soit utilisé par dix mille ou cent mille personnes, ça ne change pas grand-chose en termes d’investissement. Plus il est utilisé, plus on mutualise les coûts, plus on fait des économies d'échelles, indique Christophe Genoud. Sans chercher à faire des profits, ce qui ne serait pas éthique.»

Le marché est disputé néanmoins. Bâle-Ville, premier non-Genevois à avoir adopté CHVote, en 2009, a décidé l'an dernier de travailler avec La Poste. Genève a fait recours contre cette décision mais a perdu en justice. Le géant jaune propose depuis peu un système concurrent, sous-traité à une entreprise espagnole (Scytl), qui a été adopté par Neuchâtel, Fribourg et Thurgovie.

La Berne fédérale voit d'un bon œil qu'il y ait aucun monopole. Mais du coup les investissements se font à double dans un pays ou, à l’heure actuelle, moins de la moitié des cantons proposent de voter sur Internet.

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