«Les scouts partent dans la vie avec une longueur d’avance»

ReportageUn millier de jeunes gens sont réunis ce week-end à Satigny. Signe d’un succès grandissant.

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Aux abords du centre des Pérouses, à Satigny, on les reconnaît d’emblée à leur chemise ornée de badges et leur foulard bicolore, torsadé et noué sur la poitrine. En ce samedi matin baigné de soleil, des centaines d’adolescents - «les éclaireurs» - se sont donnés rendez-vous dans ce coin de la campagne genevoise. A neuf heures, ils s’attellent déjà à monter leur tente pour la nuit.

Chaque patrouille (ou groupe de huit) s’organise, les plus âgés guident les plus jeunes. «Ce qui me plaît? C’est la communauté. On apprend le partage, le respect, confie Corentin Cotture, 18 ans, qui tient d’une main le haut de la tente. Comme responsable de patrouille, je m’occupe des autres, je prépare des activités physiques. Plantez les angles!» crie-t-il à ses camarades. «Moi, c’est l’ambiance que j’aime, glisse Laurine Igolen, 16 ans. C’est une bonne façon de vivre. On apprend plein de choses et j’aime beaucoup la nature.»

En cheminant entre les cordes et les piquets, la coordinatrice Emmanuelle Gabioud souligne: «Tout est fait pour que le jeune progresse sainement et prenne des responsabilités. Chaque action a sa raison d’être. On choisit des tentes que l’on ne peut pas monter seul. Idem quand ils doivent faire un feu. Il faut connaître l’environnement, apprendre la technique mais aussi penser que l’on va faire à manger pour un groupe.»

10 heures: les équipes reçoivent leur fiche de route, une carte et de coordonnées. Chaque patrouille devra franchir huit postes pour gagner des points. Un peu plus tard, on en croise quelques-unes aux alentours du camp. Ici, un mémory nature. Là, une course de vélo puis le démontage d’une roue, le tout en relais et minuté. Plus loin, on teste ses connaissances de pionniérisme: comment utiliser les outils, faire des nœuds et des constructions.

«C’est cool, on est entre potes et les activités sont assez sympas», commente Elias, 18 ans, patrouille des renards. A ses côtés, Allan, 13 ans, avait 7 ans quand il est entré chez les scouts: «C’est accueillant, on ne rejette personne.» «J’étais très renfermé, tout le temps à la maison, ajoute Mateo, 14 ans. Ici, c’est familial.»

Les témoignages concordent: le scoutisme, c’est sympa. «Tous les milieux sociaux sont mélangés, assure Emmanuelle Gabioud. Vous avez vu des jeunes filles huppées comme des ados des Avanchets.» On croise même un scout punk, une belle crête rouge sur la tête. A croire que les jeux, les activités en plein air, la vie en groupe forment un ciment puissant. Et de fait, le scoutisme cartonne. Ses valeurs - respect de l’environnement, ouverture d’esprit, solidarité, responsabilité, acquisition d’une certaine confiance en soi - séduisent. Alors que les effectifs s’érodaient jusqu’en 2010, aujourd’hui, la demande explose (lire ci-contre).

«Les scouts partent dans la vie avec une longueur d’avance, observe Emmanuelle Gabioud. Ils ont appris à conduire des équipes, gérer des conflits, motiver et souder les gens. Ils ont également des compétences en gestion de projets: ils savent planifier des objectifs, assumer le leadership. Enfin, ils ont des compétences sociales. Beaucoup choisissent d’ailleurs des métiers proches de l’humain, dans le social ou la santé.» (TDG)

Créé: 07.05.2016, 17h21

Un renouveau

«Nous avions une image vieillotte, militaire ou religieuse», confie Maurice Amato, l’un des organisateurs. Le centième anniversaire de l’association genevoise, célébré en 2012, a permis de redorer son blason. En cinq ans, les effectifs du mouvement ont augmenté de 40% pour atteindre près de 1600 membres en 2016. Les groupes d’enfants de 7 à 11 ans affichent presque tous complets et les listes d’attente s’allongent. S.D.

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