Des scootéristes arracheurs de montres

De Naples à Champ-DollonPrévenus de brigandage, trois hommes, interpellés à Genève, en Espagne et en Italie, sont en détention provisoire.

Les trois suspects sont en détention provisoire à Champ-Dollon.

Les trois suspects sont en détention provisoire à Champ-Dollon. Image: Laurent Guiraud

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La police planche sur une vague de vols de montres de luxe avec violence à Genève. Selon nos renseignements, à ce jour, trois suspects napolitains se trouvent sous les verrous. Deux d’entre eux ont été extradés vers la Suisse cette année depuis l’Italie et l’Espagne. Difficile à ce stade de dire combien de brigandages auraient commis les détenus et combien de suspects sont encore recherchés.

Les mêmes rouages

Rien qu’au printemps 2017, la police recensait en quelques mois sept cas d’arrachages de montres de luxe. «D’autres cas nous ont été rapportés dans d’autres cantons et dans d’autres pays», relevait à l’époque un rapport de police.

Un document qui décrit les mêmes rouages: deux individus à scooter repèrent une belle voiture dans la circulation. Ils regardent si le conducteur porte une montre de collection et le suivent jusqu’à son domicile. Là, tout va très vite: la victime se retrouve le poignet nu en moins de quelques secondes, sous le choc et parfois blessée. Ce fut notamment le cas d’un retraité l’automne dernier. Ce Genevois, au volant de sa Range Rover noire, venait de se dégourdir les jambes au golf durant l’après-midi. En fin de journée, il est rentré chez lui. Il n’a pas réalisé qu’il était suivi par deux hommes alléchés par la Richard Mille à 125 000 fr. qu’il portait au poignet.

Arrivé devant chez lui, il a ouvert le portail et pénétré dans sa propriété. Il s’est arrêté devant son garage fermé avant de sortir du 4x4 et d’ouvrir la porte avec sa télécommande pour désactiver l’alarme. Durant l’ouverture, un homme muni d’un casque et habillé en noir a fondu sur le retraité. Ce dernier a tenté de résister. Il s’est effondré. Son front a heurté le sol, sa main droite a été couverte de plaies. Le voleur a disparu en montant à l’arrière d’un scooter conduit par son complice. Comme en attestent les images de vidéosurveillance de la villa, le larcin n’a pas duré plus de cinq secondes.

Le même jour, vers 16 h, une automobiliste a aperçu deux hommes à scooter qui rôdaient autour d’une Range Rover orange «pour faire un inventaire des biens dans la voiture». Afin d’aider les enquêteurs, ce témoin a pris la peine de photographier le duo de dos, des images qui se retrouvent dans la présente procédure. Pour la police, les habits des deux hommes ressemblent fortement à ceux des deux brigands qui ont frappé l’automne dernier.

Un suspect, arrêté cette année en Espagne et extradé à la fin d’août vers Genève, admet avoir participé à ce dernier vol. Il explique être sans travail à Naples et criblé de dettes. C’est pour les éponger qu’il est venu à Genève l’an dernier, dit-il. Ses avocats, Mes Nicholas Antenen et Zarmine Hussain, le confirment: «Notre client avoue ce vol et collabore à l’enquête.»

Quid du brigandage similaire survenu le 12 juillet 2017 également dans une riche commune genevoise? Ce jour-là, deux hommes rentraient chez eux au volant d’une Ferrari. L’un portait une Audemars Piguet valant 36 500 fr. et l’autre une Patek Philippe coûtant 55 000 fr. Une fois arrivés dans la propriété, un homme barbu, muni d’un casque avec un micro, et un complice ont surgi. L’un d’eux a arraché la première montre. Après avoir tenté, en vain, de dérober la seconde, les malfrats ont filé à l’anglaise à bord d’un scooter Honda aux plaques genevoises.

La caméra de surveillance de la propriété a immortalisé la scène: on y voit un homme barbu, tout de noir vêtu, s’enfuir. Les enquêteurs ont constaté que le numéro de plaques ne correspondait pas au véhicule genevois en question. L’hypothèse des fausses plaques fabriquées à Naples s’est précisée. En consultant la vidéosurveillance du trafic en ville, les inspecteurs sont tombés sur le duo de malfrats en train de repérer la Ferrari une heure avant son forfait.

Arrestations manquées

Le 13 juillet 2017, les deux hommes ont été repérés par la police. Chacun sur un scooter. Ils tentaient de jeter leur dévolu sur une Porsche. Ils communiquaient entre eux à l’aide d’un micro sur leur casque. À bout touchant, les agents ont perdu de vue le scooter Piaggio et tenté de pister le deux-roues Honda: «Vu la vitesse très largement excessive à laquelle roulait le malfaiteur et les risques qu’il faisait courir à lui-même et à la population, la poursuite a été stoppée à la rue de Lausanne», relève le rapport de police.

Mais les inspecteurs n’ont pas baissé pas les bras. Ils ont tenté d’établir un lien entre tous ces faits et un autre brigandage commis le 8 juin 2017 à la gare des Eaux-Vives. La victime, un homme possédant une Bentley et qui portait une montre Richard Mille à 100 000 fr., a tenu tête au scootériste, qui a perdu sur place ses lunettes de soleil. De l’ADN a été prélevé sur cet objet: il correspond à celui d’un des auteurs du brigandage de juillet 2017.

Créé: 12.09.2019, 07h05

Véhicules saisis dans le parking de l’aéroport

La police a retrouvé l’automne dernier deux scooters à l’aéroport de Genève.
Il ne s’agit pas de ceux qu’elle a repérés le 13 juillet 2017 en ville. En revanche, des papiers italiens contenus dans les véhicules ont mené les enquêteurs à farfouiller du côté du Vésuve: «Il ne fait aucun doute que les deux scooters ont été ou sont utilisés par des individus repérant leurs victimes dans la circulation avant de les suivre et de les agresser afin de s’emparer de leur montre de luxe, indique le rapport de police du 19 octobre 2018. Nous suspectons les utilisateurs d’être les auteurs des agressions du 8 juin 2017, du 12 juillet 2017 et du 28 septembre 2018.»

À la fin de 2018, un Napolitain a été interpellé à Cointrin alors qu’il tentait de récupérer un des scooters découverts en automne. Il est défendu par Me Bernard Nuzzo: «Mon client admet avoir prêté une assistance logistique en 2018 en transportant les scooters. Il est aujourd’hui repenti, collabore et n’aspire qu’à retourner auprès de sa famille en Italie.»

Le troisième prévenu, arrêté cette année à Milan, est défendu par Me Raphaël Cristiano. Il admet sa participation à la tentative de juin 2017 et au vol avec violence du 12 juillet. Rien de plus. Son avocat, lui, se refuse à tout commentaire. F.M.

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