La science séduit les collégiens avec des billes de ketchup et un aqueduc en kit

EducationLe Collège Rousseau a accueilli mardi les Tecdays, des ateliers qui visent à sensibiliser aux métiers scientifiques.

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Les chanceux croquent dans des billes en chocolat, miel et sirop. Les autres, eux, ont droit à...du ketchup. Ca fait moins envie, surtout à 9h30. Mardi, une salle du Collège Rousseau s'est transformée en laboratoire de cuisine moléculaire. Dans d'autres classes, on pilote un drone pour récupérer les déchets de l'univers, on trépane les mécanismes de la mémoire, on déconstruit les secrets des aqueducs romains sur un modèle en kit, on s'envole avec un pilote de Swiss. Durant une journée, les cours traditionnels ont été suspendus et remplacés par des ateliers scientifiques. C'est le principe des Tecdays.

Ces Tecdays, organisés par l’Académie suisse des sciences techniques, sont dédiés à la promotion des sciences et des technologies à travers des activités pratiques dispensées par des professionnels de l'EPFL, des Universités et Hautes écoles, ou encore du Swiss Space Center. «Cette action vise à sensibiliser les élèves aux métiers techniques et changer le regard qu'ils peuvent avoir sur ces professions, explique Nicolas Guérin, responsable médias. Mais aussi à mettre en avant les carrières féminines. Les études montrent qu’en grandissant, les filles perdent confiance en elles vis-à-vis des sciences et techniques car elles manquent souvent de soutien de la part de leurs familles, de la société et de l’école. Les TecDays visent à diminuer cet effet.» Ceux-ci sont organisés dans les établissements scolaires romands depuis 2012.

Mêler le fun et la science

A Rousseau, ce sont donc près de 650 élèves, tous degrés confondus, qui ont pris part à trois ateliers de leur choix. Mathilde, 19 ans, a sélectionné la cuisine moléculaire, «pour voir comment certaines matières qu'on utilise tous les jours peuvent être transformées. Ce genre d'activités permettent d'enrichir notre culture générale et, pour certains, d'aider à faire les choix professionnels.» Son voisin, Daniel, pipette en main, explique avoir choisi cet atelier...parce qu'il aime bien manger. Il sourit: «Et aussi parce que j'apprécie la chimie!» raconte-t-il en doublant la dose conseillée de sodium «pour voir». Résultat: une bille épaisse et surtout plus salée, l'apprenti chimiste évitera de goûter sa création. «On se sert de cet atelier pour introduire des notions scientifiques et montrer qu'on peut faire des choses cool avec la science», indique Paul-Antoine, intervenant et étudiant à l'EPFL. Après la pratique, un temps de discussion, d'observations et d'hypothèses. «Si on augmente le sodium, pourquoi la sphère devient plus solide?» Une réponse d'élève fuse, impressionnante de précision. Nous, on a seulement retenu que ça impliquait des électrons.

La voûte s'effondre sous le poids de l'Encyclopédie

Autre étage, autre découverte: dans la salle 739, on parle des Romains avec un viaduc reconstitué et irrigué pour de vrai. Lina, qui étudie le latin, raconte vouloir mieux connaître l'architecture de l'époque -«c'est impressionnant de technique» - pendant qu'un de ses camarades discute avec une intervenante de ses vacances au Portugal; il ne regardera plus le viaduc du coin du même oeil. Assise en tailleur sur une table, Alexandra, 18 ans, observe attentivement le professeur qui tente une énième fois de bâtir une voûte en plots de bois. Tout s'effondre. «On est trop sur les nerfs! rigole-t-il. Les blocs doivent être placés à la perfection, une mini défaillance et tout s'écroule. Vous comprenez mieux l'importance du travail des tailleurs.» Alexandra ne s'avoue pas vaincu. Elle assemble. Elle charge le haut de la voûte avec le volume «Les réseaux d'assainissement». Ca tient. Puis avec «L'épopée des barrages». Reste le mastodonte «Encyclopédique des sciences de l'eau». Tout s'écroule! Pas de quoi la décourager: elle sera architecte.

Alexis, 18 ans, lui, «est nul en sciences». «Mais c'est pas pour ça que ça ne m'intéresse pas!» Il ajoute: «Cette journée est passionnante, ça nous permet de sortir des connaissances strictes du programme scolaire et cela de manière très pratique. On étudie un peu l'architecture romaine en histoire de l'art mais on n'apprend pas les subtilités des réalisations, le principe de portance, la manière de place les blocs pour répartir les charges, etc. C'est une occasion unique.»

Créé: 14.03.2017, 18h05

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